Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le blog de Susanna Huygens
Articles récents

Narbo Via … la poésie d’un monde disparu

8 Mai 2022 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Divers

Narbo Via Photo @ Monique Parmentier

L’été dernier, en raison de la Covid, je n’avais pu aller visiter, le nouveau musée narbonnais, consacré au passé antique de la ville : Narbo Via

Contrairement à Nîmes, alors même que Narbonne a connu un passé bien plus prestigieux, les vestiges extérieurs de la ville antique ont quasiment tous disparus.

Mais de nombreuses fouilles ont révélé, tant à l’emplacement de la zone urbaine que de l’antique zone portuaire de nombreux vestiges. Un musée existait dans l’ancien palais de l’archevêché, mais afin de mettre en valeur les plus récentes découvertes, la ville a construit un nouveau musée. 

Narbo Via Photo @ Monique Parmentier

Une belle réussite, tant au niveau de l’architecture du bâtiment, que de ces espaces et aménagements. La fluidité de la visite, permet aux visiteurs de tout âge, de profiter avec plaisir, de l’invitation au voyage que nous offre ce nouveau musée.

Narbo Martius fut la première colonie romaine fondée hors d'Italie en 118 avant notre ère. Il était donc parfaitement normal d'y consacrer un musée pouvant montrer au public toute la richesse des collections dispersées entre les réserves, le musée épiscopal et l'extraordinaire collection de pierres lapidaires qui jusqu'à présent étaient empilées, sans aucune mise en valeur, dans Notre-Dame de Lamourguier, une église proche des Halles.

Narbo Via Photo @ Monique Parmentier

Ces blocs épars, près de 2000 bas-reliefs, proviennent pour l'essentiel de monuments funéraires. Ils sont extrêmement variés, allant de la simple stèle au vestige monumental. Je vous recommande la lecture d'un excellent article scientifique, écrit pour la Revue Patrimoines du Sud par Carole Papin en 2015.

Désormais et grâce à une muséographie adaptée et à une signalétique/cartels interactifs, on peut en découvrir tout à la fois la délicatesse de certains détails et l'intérêt historique.

Narbo Via Photo @ Monique Parmentier

Le musée présente également de magnifiques mosaïques mais aussi des fragments de fresques, des petits objets de la vie quotidienne et de très belles sculptures ainsi que toutes les découvertes archéologiques faites autour du port de Narbo Martius.

Narbo Via Photo @ Monique Parmentier

Véritable invitation à un voyage dans le temps et dans un paysage méditerranéen, quasiment onirique, tant il nous paraît plus authentique et préservé.

Je vous invite, sur la route des vacances à vous y arrêter, pour une visite que vous ne regretterez pas, tant ce bâtiment à l'architecture contemporaine d'une grande élégance, met en valeur les œuvres  exposées. Durant ma visite, j'ai eu le sentiment que le temps s'était arrêté, me permettant de savourer la grâce et la splendeur de ces "tessons" de vie. Purs instants de poésie que les architectes du projet ont su saisir.

Par Monique Parmentier

Narbo Via Photo @ Monique Parmentier
Narbo Via @ Monique Parmentier

 

Lire la suite

Narbonne, ma belle

8 Mai 2022 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Divers

@ Monique Parmentier

Alors que comme chaque année, TF1 demande à ses auditeurs d’élirent le plus beau marché de France et que Les Halles de ma ville de cœur y concourent, je termine un premier court séjour me permettant d’enclencher ma recherche d’appartement. J’ai donc pu appréhender ce qui permettra je l’espère rapidement de trouver ce petit T2 de mes rêves me permettant de m’installer dans ma ville lumière.

@ Monique Parmentier

Et bien évidemment, je suis retournée à ma Caverne d’Ali Baba pour y savourer non seulement quelques unes des gourmandises de mon sud, mais également d’y partager tant de sourires, cette convivialité qui est l’âme de Narbonne.

@ Monique Parmentier

N’hésitez pas à y passer et à voter pour ce qui est plus qu’un simple lieu où se rassembleraient des commerces de bouche. Ici bat le cœur du bonheur, simple et si vrai, du partage.

@ Monique Parmentier

J’ai repris mes longues promenades à la découverte de ces jardins extraordinaires baignés de lumière bleue et profité de ma chambre avec vue au Zenitude Hôtel (un grand merci à toute l’équipe de me permettre de la retrouver à chacun de mes séjours et de cet accueil à l’image de la ville si souriant).

@ Monique Parmentier

Narbonne, ma belle, je reviens bientôt.

@ Monique Parmentier

par Monique Parmentier 

 

Lire la suite

Nos cœurs battent si fort qu’ils font tout le silence

29 Avril 2022 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Divers

@ Nasa JWST

Les premières photos en provenance de la NASA, réalisées par le James Webb Space Télescope sont tout simplement aussi belles que passionnantes. Dans notre actualité si désespérante et sinistre, elles ouvrent une fenêtre vers l’infini et des découvertes dont chaque annonce sera source d’émerveillement. Depuis son départ, le 25 décembre dernier, JWST, nous aura apporté de quoi nous réjouir et espérer le jour, le mois… à venir. Et toujours me revient en mémoire ces nuits à observer le ciel étoilé enfant et adolescente et à espérer qu’une fois à Narbonne, je pourrais m’acheter un petit télescope, me réabonner à Ciel et Espace et ainsi m’évader dans la nuit en quête de beauté mais aussi de cette connaissance du monde.

 

@ Nasa. Illustre les progrès fait en deux décennies d’observation en Infrarouge

Mais qu'importe que se taise même la mer,

Si dans l'espace immense et clair

Plein d'invisible violence

Nos coeurs battent si fort qu'ils font tout le silence

Émile Verhaeren

Lire la suite

Avec des craies de toutes les couleurs… il dessine le visage du bonheur

21 Mars 2022 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Poésie et Littérature

@ Monique Parmentier

« Mais il dit oui avec le cœur
Il dit oui à ce qu'il aime
Il dit non au professeur
Il est debout
On le questionne
Et tous les problèmes sont posés
Soudain le fou rire le prend
Et il efface tout
Les chiffres et les mots
Les dates et les noms
Les phrases et les pièges
Et malgré les menaces du maître
Sous les huées des enfants prodiges
Avec des craies de toutes les couleurs
Sur le tableau noir du malheur
Il dessine le visage du bonheur ». Jacques Prevert

Lire la suite

Eloge de l'amitié, ombres de la trahison

7 Mars 2022 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Divers

@ Monique Parmentier

Il est des textes qui m'ont profondément marqué parce qu'ils sont arrivés dans ma vie à un moment où ils se sont révélés essentiels, m'apportant des réponses à des questions douloureuses et ainsi le réconfort. Ces textes, parfois, sont alors allés se lover dans un coin de ma mémoire, tandis que d'autres s'éloignaient à jamais. Le texte de Tahar Ben Jelloun, sur l'Eloge de l'amitié, ombres de la trahison, a été un texte révélateur, exprimant bien au-delà d'un sentiment, une valeur qui dans nos sociétés n'a plus vraiment sa place ou à perdu son sens profond. J'appartiens à une génération, qui a non seulement lu le Grand Meaulnes et en a été profondément marqué, mais au-delà a assimilé la beauté de l'amitié comme un de ces éléments de la poésie du monde, pierre de fondation de tout ce que je suis, de tout ce dont je rêve et qui nourrie mon âme.

@ Monique Parmentier

Ce texte est venu à moi, en 2012, une année de remise en question. Où une personne mal intentionnée et des "amis" communs, m'ont profondément fait douter de ce qui était pour moi, inconsciemment jusqu'alors une valeur fondatrice. Ce texte m'a permis d'effacer mes doutes et m'a depuis accompagné. Si la blessure est restée, il m'a permis de la panser. Depuis, avec la très belle lettre de Jacqueline de Romilly qui évoque aussi la beauté sensible de l'amitié, si proche de l'amour, mais si différente, ce texte m'accompagne à jamais.

Mais celui - ci plus que d'autres, m'a fait prendre conscience de ce en quoi la "trahison", l'avilissement de cette valeur Amitié par des faux amis peut redoutablement faire mal. Ainsi désormais lorsque certains veulent me faire douter ou que sans savoir pourquoi, le souvenir de la douleur me revient, je me remémore ce texte si beau, si juste :

@ Monique Parmentier
"Parce que l'amitié est à l'écart de toute satiété et de tout calcul, ces dérapages ne devraient pas se produire, d'autant qu'on ne saurait les prévoir. L'absence de conflit pervers et d'intérêt dissimulé est le fondement même de l'amitié. Une amitié trahie est une blessure insupportable parce qu'elle ne faisait pas partie de la conception et de la nature de la relation, laquelle est une vertu.
Elle est vécue comme une injustice, une blessure incurable. Pourquoi ce genre de blessure persiste-t-il dans la mémoire? Parce que le principe de la parole donnée n'a pas été respecté, la confiance a été abusée, s'est retrouvée comme une demeure cambriolée par celui ou celle à qui on en a laissé les clefs. Et l'on est effaré de découvrir qu'on a été dans l'erreur, qu'on a longtemps fait fausse route, cru des mots vides de sens, qu'on a ouvert sa maison intérieure, ce lieu intime du secret. Et voilà que soudain, tout vole en éclats."
Par Monique Parmentier - Extrait du texte de Tahar Ben Jelloul - Eloge de l'amitié, ombres de la trahison
Lire la suite

Une découverte : un blog merveilleux

12 Janvier 2022 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Cuisine et jardin

@ Monique Parmentier

Donc, comme je poursuis mon chemin, et que je dois à la fois me préoccuper de ma santé et que je souhaites le faire en n'oubliant pas la poésie en cours de chemin, je viens de découvrir, un nouveau blog passionnant, grâce à l'émission Silence ça pousse de France 5. Il s'agit du blog de Marie Chioca, Saines gourmandises. Elle y parle cuisine et jardin, mais comme son métier est photographe professionnel de cuisine, elle accompagne ses articles de magnifiques photos. Je compte d'ailleurs me procurer certains des livres dont elle est l'auteur.

J'aime l'onirisme de son univers et en même temps les explications très claires pour reprendre les recettes ou pour ceux qui ont des jardins sur les soins que l'on peut apporter à la terre et aux plantes, sans se prendre la tête.

Donc n'hésitez pas à rendre visite à ce blog. Pour ma part, dès mon installation dans le sud et l'accès à des légumes plus variés, je n'hésiterais pas à mettre en application certaines des recettes. Etant une adepte de la Ricotta, que Marie n'utilise pas, grâce à la subtile palette de goût qu'elle propose, je n'aurais aucun mal à adapter certaines recettes. Merci à elle pour la bienveillance de ses articles, et également de ses réponses à ses abonnés et aussi aux détracteurs ronchons qui peuplent malheureusement les réseaux sociaux.

Monique Parmentier

Lire la suite

Finir 2021 sur un instant onirique

30 Décembre 2021 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Divers

@DR

L’ESA (European Space Agency) sort ce soir les images de la séparation du James Webb et d’Ariane 5, corrigées des erreurs de transmission (écran gris intermittents) du direct. Des images oniriques, de toute beauté. Comment ne pas les partager et vous dire une fois encore, prenez soin de vous et de vos proches.

L’harmonie existe et l’on peut se réjouir de choses modestes, une marguerite en fleur, un rayon de soleil en hiver plus que sur des choses privées onéreuses ou vaines et vides de sens. La Terre est belle et lorsque que l’être humain le veut vraiment, il est capable du meilleur. Et c'est aussi une joie que de voir que des défis collectifs, permettant de mieux connaître notre environnement mais aussi des progrès technologiques -qui permettront de faire avancer d'autres domaines qui permettront de mieux soigner, de moins polluer, de mieux percevoir notre environnement, ... - peuvent nous réjouir.

Cette réussite technologique est le fruit d’une véritable collaboration internationale de femmes et d’hommes portés par un rêve commun. 
Soyez prudents et faites toujours en sorte que vos rêves soient porteur d’harmonie, de joie et de bienveillance.

Un grand merci à tous ceux qui m’apportent de si beaux moments d’évasion en cette fin d’année.

Par Monique Parmentier

Lire la suite

Vœux

28 Décembre 2021 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Divers

@ Nasa

Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas sentie autant exaltée par un événement public. Le lancement réussi du James Webb Space Télescope (JWST pour les intimes) m’a rappelé en cette deuxième année de gestion calamiteuse de Covid, que si l’humanité est capable du pire trop souvent, elle peut aussi être capable de nous offrir le plus beau cadeau de Noël qui soit, en démontrant que la science porte aussi en elle une part de rêves et de magie. Durant mon enfance et mon adolescence, j’ai été astronome amateur et je n’ai jamais cessé de m’intéresser aux sciences et particulièrement à l’astronomie et aux technologies qui font réellement progresser l’humanité comme celles qui ont permis cet envol et permettront les observations du JWST.

Une fois installée dans mon sud, je compte bien m’acheter un nouveau télescope et observer, contempler le ciel et ses merveilles. Rien n’est plus fascinant et n’offre une si grande plénitude que l’observation des planètes 🪐, de la galaxie d’Andromède ou des voiles de la Nébuleuse d’Orion. 

@ DR

En attendant, je souhaite à mes lecteurs, une année 2022, plus harmonieuse que 2021. La santé retrouvée … SVP faites vous vacciner et admettez les frustrations qu’impliquent pour un temps le respect des gestes barrières. On ne fait pas toujours ce que l’on veut dans la vie, mais l’essentiel désormais n’est il pas de sortir enfin de cette crise sanitaire qui nous met sur la voie de ce qui nous attend avec la crise climatique. Essayez de trouver le bonheur dans ces petits riens. Pour ma part, entre Tolkien et le suivi des observations du JWST, je patienterai en attendant le printemps, en espérant que je puisse enfin aller chercher à cette période l’appartement de mes rêves.

Belle, heureuse et harmonieuse année à mes lecteurs.

Monique Parmentier 

Lire la suite

Lectures, rêveries et gourmandises

15 Octobre 2021 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Divers, #Poésie et Littérature

Hôtel de ville Narbonne - Passage de l'Ancre @ DR

Cela fait depuis l'été et mes articles narbonnais que je ne suis pas revenue. En attente, je l'espère au printemps prochain, de commencer mes recherches pour un deux pièces dans ma ville de coeur, ma vie est quasiment recluse dans ma campagne Seine & Marnaise. Lorsque j'ai visionné le petit film dont est extrait cette image à la sortie du passage de l'Ancre, place de l'Hôtel de Ville à Narbonne, j'en ai eu les larmes aux yeux. J'aurais aimé plongé dans cette image, comme Mary Poppins dans ces mondes imaginaires. Je vis entre télétravail, qui me permet de travailler sereinement, sans galère de train, et des week end lectures et cuisine.

@ M Parmentier

Notre petite épicerie locale, vend désormais des légumes de producteur, avec Casa Zanoni pour les produits italiens et des produits de mon sud commandé via Internet, comme ceux de la vinaigrerie Cyril Codina, je me fais des petits plaisirs. Mais je l'avoue désormais, je ronge mon frein, me documentant également sur la décoration, pour faire de mon futur chez moi, un nid douillet où je pourrais savourer mon sud.

Mon blog va changer et sera plus souvent consacré à l'art de vivre dans le sud et si la musique en fera partie, elle ne sera plus un élément central de mes passeggiata.

@ Monique Parmentier

La cuisine, les promenades, de l'Abbaye de Fontfroide aux Halles, au bord de mer et la garrigue. J'attends cet univers merveilleux. En attendant, je lis. Je termine des ouvrages de Jacqueline de Romilly et hier, jour de sa sortie, la nouvelle édition/traduction du Silmarillion m'est arrivée au courrier. J'ai écouté la passionnante interview de Vincent Ferré sur Tolkiendil. Une discussion entre passionnés forcément captivante.

Chez Jacqueline de Romilly, je retrouve cette élégance fluide de l'écriture et des thèmes qui me sont chers, comme l'amitié, l'amour du beau, de la modestie et une conscience d'un monde riche, d'une envie d'apprendre toujours et encore.

@ DR

Le Silmarillion, je l'attendais avec impatience dans sa nouvelle traduction. Les illustrations de Ted Nasmith, très différentes stylistiquement de celles d'Alan Lee et John How, sont oniriques. Je vous recommande d'écouter, cette formidable interview de John How (en français, car ce dernier le pratique couramment). Je ne me lasse pas de cet univers littéraire et philosophique unique, si riche, qui offre à cet art de l'illustration la possibilité de révéler de belles personnalités, avec des univers visuellement si différents. JRR Tolkien, appartient comme Jacqueline de Romilly à des générations qui pour n'avoir que trop connu les horreurs de la guerre savaient que la beauté et l'humilité devaient être avant tout un art de vivre. Christopher Tolkien, à qui nous devons de pouvoir lire aujourd'hui les œuvres de son père, en était certainement la plus merveilleuse expression. Cet homme qui a vécu dans ce que certains pourraient considérer avoir été l'ombre de son père et qui a par son travail acharné et son amour filial, vécu dans sa lumière. Je pense que la postérité ne pourra jamais assez le remercier. En attendant le printemps et une nouvelle vie, je vous souhaite, chers lecteurs et chères lectrices, une excellente continuation.

Par Monique Parmentier

Lire la suite

Fontfroide 2021 : les chants d’indicible lumière

13 Août 2021 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Chroniques Concerts

@ Monique Parmentier

« Il y a une voix qui n'utilise pas les mots.
Écoute ! » Rumi

On s’était quitté en 2019, n’imaginant pas un seul instant que 2020 ne permettrait pas aux musiciens et au public de se retrouver à Fontfroide un an plus tard. Nous avions déjà tous pris rendez-vous.

Nous n’avions pas imaginé un seul instant, qu’une rupture se ferait, brisant le temps qui passe et nos rêves d’harmonie.

 

@ Alia vox

Alors malgré les doutes, l’anxiété à prendre des TGV sur de longs trajets, il n’était pas question de manquer le rendez-vous de cette année.

Comme pour mieux conjurer le sort, pour ce XVe festival Musique et Histoire, le thème retenu Temps de résilience et de joie, ne pouvait que nous motiver à vaincre nos craintes.

Je dois l’avouer au vu de l’actualité, et pas seulement sanitaire, la résilience m’a toujours semblée impossible à imaginer, extrêmement lointaine mais pas la joie, cette joie qui m’a aidé à tenir, même lorsque malheureusement à la fin du festival sont venus se confirmer mes craintes d’un test me rappelant à la réalité.

@ Monique Parmentier

J’ai dès le début eu le sentiment que j’aborderais ce festival comme une promenade musicale et c’est non seulement mon état de santé mais également les programmes offerts qui font qu’aujourd’hui au fil de la plume, je vous invite à me suivre dans ma passeggiata estivale. Je suis arrivée à Fontfroide, comme l’on s’endort, en rêvant d’un monde meilleur.

Ma première joie aura été de retrouver Narbonne et ma chambre avec vue au Zénitude hôtel. Après deux ans, à bord d’un bateau ivre, retrouver mon port d’attache, ne pouvait que m’apporter cette sérénité qui m’avait tant manquée. Me promener dans les rues, aller aux Halles retrouver des amies et cette ambiance si conviviale, ce sentiment si doux d’être à la maison, font de chaque séjour au pays du sourire, un moment tant attendu.

@ Monique Parmentier

Tout cela participe à ce voyage… Aller au Festival de Fontfroide, c’est aussi cela, simplement retrouver ce sentiment de plénitude dans les gestes du quotidien et dans l’horizon qui s’ouvre.

Evidemment pas de retrouvailles, d’effusions entre musiciens dans le hall de l’hôtel Zénitude à Narbonne. Pas de répétitions ouvertes non plus et malheureusement pas de concert à l’extérieur en raison d’un vent puissant et frais. Et si les cigales, par leur chant du bonheur, ce seront peu manifestées cette année, la joie de retrouver Fontfroide est indicible. Retrouver les équipes de Karl More productions a été un vrai plaisir. Benjamin Bleton qui suit régulièrement Jordi Savall et nous a offert tant de magnifiques productions, nous permettra donc de revoir via un film réalisé pour Arte, certains extraits des concerts (ceux du soir et deux duos de l’après-midi, Hirundo Maris et le concert de Shahab Azinmehr et Mostafa Taleb).

@ Monique Parmentier

Si je n’ai pas pu assister au concert inaugural donné le 13 juillet par Orpheus XXI, le premier concert du 15 juillet, nous a permis de retrouver, le duo formé par Shahab Azinmehr (chant et tar) et Mostafa Taleb (kamânche). S’ils sont des réfugiés bénéficiant du cadre offert par la structure Orpheus XXI, ce sont aussi et avant tout, comme tous les musiciens réunis pour former cet ensemble, des virtuoses confirmés, des passeurs de rêves et de poésie. Les mélodies profondes et mystérieuses qu’ils interprètent nous invitent à un voyage en une Perse mythique dont le chant et les instruments nous ouvrent un livre de beauté, fait de couleurs irréelles et d’entrelacs invitant à la contemplation de la lumière qui irradie de la garrigue environnante, au-delà des grilles du réfectoire. Les musiciens déploient toute la richesse du Tasnif, chant mesuré iranien, répertoire modal qui a été transmis oralement pendant des siècles mais qui a quasiment disparu après la révolution iranienne. La complexité de ces musiques s’efface pour l’auditeur qui se laisse simplement envoûté par cette calligraphie musicale d’ailleurs que le vent emporte bien au-delà des collines de Fontfroide, telle une myriade de grains de sables, vers un horizon infini.

@ Monique Parmentier

Le concert du soir, nous a permis de retrouver Jordi Savall, fondateur et directeur artistique du festival, en compagnie des musiciens d’Hespérion XXI et des chanteurs de la Capella Reial de Catalunya. Le programme pour ce premier concert est d’abord un hommage à Montserrat Figueras, co-fondatrice du festival. Choisit non seulement pour sa rareté en concert, mais aussi pour toute la charge symbolique qui l’accompagne. Le Codex Las Huelgas, est une œuvre de femme, composée et chantée à l’origine par des femmes. Du nom du monastère cistercien, dédié aux femmes, ce Codex est composé de pièces à usage unique des nonnes. Elles sont certes représentatives de l’Ars antiqua mais portent en elles les ferments de l’Ars Nova. Elles furent composées entre la fin du XIIe siècle et le XIIIe siècle. Le manuscrit est encore conservé de nos jours dans le monastère pour lequel il a été élaboré. Si au Moyen Age, seules des femmes interprétaient ces chants, désormais les ensembles de musique ancienne, comme la Capella Reial de Catalunya viennent enrichir les chœurs par des voix d’hommes. Les femmes compositeurs de musique durant cette période ont parfois laissé leur nom dans l’histoire, comme Hildegard von Bingen ou María Alonso González de Agüero, devenant le symbole de la création, de la culture musicale d’une époque ou d’une région. A la source de ces œuvres, les influences sont multiples et la poésie y tient une place essentielle. Les différentes origines de la culture de l’Espagne médiévale tant juive pour les formes du chant et grecque pour la technique musicale, sont passées par le filtre d’Al Andalus et le Codex, texte marial par excellence inspiré par le Cantique des cantiques, est une invitation à un voyage spirituel, au cœur même de l’âme. Les nonnes de Las Huelgas trouvent leur place dans un monde misogyne, et nous lègue une œuvre exceptionnelle, mélange de sensualité et de rigueur, où philosophie et mystique, nous portent et nous ouvre à la sensibilité d’un monde contemplatif.

@ Monique Parmentier

Jordi Savall a sélectionné les pièces pour constituer un programme relevant toute la splendeur orientale et mystique de la symbolique de la Vierge et du bestiaire du christ. Le résultat en est onirique. La plénitude des timbres et la souplesse des voix ainsi que l’accompagnement des instruments, nous transportent dans un monde de sérénité stellaire. La splendeur des cieux illumine le chœur de l’abbaye et le cœur de chacun. Lorsque nous quittons l’abbaye, un étrange sentiment nous étreint. Le vent qui souffle sur la garrigue, semble porter le chant, le murmure constellé de l’univers.

C’est dans la continuité de ce concert, que s’inscrit notre rendez-vous du lendemain avec Arianna Savall et Petter Udland Johansen, entre Ballades et légendes d’autrefois. Deux voix merveilleuses qui nous emportent dans des univers ou chaque pièce chantée, est une parenthèse transcendante, un joyau unique. La ballade est d’abord un genre poétique et musical né aux confins d’un âge où les premiers voyageurs poètes/musiciens, parcouraient les routes d’un moyen-âge faisant danser, chanter seigneurs et paysans. Sur des routes mystérieuses et fantasmagoriques, où les rencontres les plus fabuleuses, à la limite du surnaturel étaient possibles, les troubadours faisait rayonner l’amour courtois et les légendes d’un monde où régnait l’harmonie des âmes et des cœurs. Devenu avec le temps, un genre populaire, la ballade est aujourd’hui portée par la chanson et le folk anglo-saxon en est la quintessence. Un rythme lent, hypnotisant, des textes souvent dramatiques à la thématique amoureuse, on a tous en tête des chansons de Bob Dylan.

@ Monique Parmentier

Ce genre ancien et aristocratique est ici servi par deux interprètes dont la virtuosité se fait oublier pour redevenir un art de l’émotion à fleur de peau. Arianna Savall s’accompagnant à la harpe (médiévale et baroque pour ce concert) et Petter Udland Johansen qui jouent d’une grande variété d’instruments (vièle, hardingfele, violon, cistre et mandoline), ont des timbres qui s’apparient avec suavité et délicatesse. Claires et féériques, leurs voix s’unissent en une harmonie d’un onirisme si intimement chimérique et envoûtant. Véritable invitation au voyage dans le temps et l’espace, ce programme de ballades anciennes s’est écoulé si vite que même encore aujourd’hui, la nostalgie de ces instants uniques, m’accompagne.

@ Monique Parmentier

Le programme Folias & Romanescas que nous ont offert Jordi Savall et ses compagnons, Rolf Lislevand, Andrew Lawrence-King, Xavier Puertas et Pedro Estevan, le soir, n’est certes pas une création, mais à chaque fois, une redécouverte, car avec le temps et la maturité, les couleurs en changent. Introduisant le concert, Jordi Savall, nous l’a présenté comme étant en ces temps si difficiles, celui des retrouvailles avec des amis, ceux qui l’accompagnent depuis tant d’années, mais aussi avec le public fidèle du Festival. Et ce concert est peut-être bien celui qui au-delà de la joie, a été si passagèrement celui de la résilience… brève, dense et fulgurante.

Le propre de toutes ces musiques est l’ivresse de la danse. Celles-ci sont nées et se sont développées dans la péninsule ibérique vers la fin du moyen-âge. Et ce lien d’amitié entre les musiciens permet de valoriser cet immense talent qui les caractérise les uns et les autres pour cette improvisation que demandent les pièces interprétées, tout comme cet art de l’ornementation qui leur permet de nous faire entrer dans une farandole tournoyante, enivrante et jubilatoire.

@ Monique Parmentier

Le lendemain après-midi, nous nous sommes laissé surprendre, par un concert qui de prime abord semblait beaucoup plus présenter un intérêt ethnographique que purement musical ou d’émotions. Ces dernières sont nées avant tout de l’enthousiasme et de la joie de vivre des musiciens iraniens qui se sont présentés à nous. Leur répertoire en voie de disparition, porte la marque de l’héritage culturel africain en Iran. Saeid Shanbehzadeh, est l’un derniers représentants des traditions populaires du Golfe persique. Accompagné par son fils Naghi Shanbehzadeh, mais aussi son petit-fils qui au son d’un cor a lancé le concert. Ils nous font partager, une autre manière de jouer, de partager la musique. Encourageant le public à battre des mains au rythme des percussions, dansant, se déhanchant sur scène tout en jouant d’une cornemuse, suggérant des rites anciens, et avec la complicité si innocente du plus jeune de ses enfants au fond du réfectoire, les musiciens ont recréé les conditions d’exécution propre à ces musiques, soulevant l’enthousiasme du public.

@ Monique Parmentier

Comment ne pas être impatients et heureux à l’idée de retrouver l’incomparable Monteverdi pour l’avant dernière soirée à l’abbaye. Comment ne pas songer à Montserrat Figueras qui dans les madrigaux proposés nous a laissés des souvenirs si intenses et fervents. Mais ce soir dans la distribution retenue par Jordi Savall, pour les Madrigali Guerrieri et amorosi nous n’avons pas boudé notre bonheur. Dans le Combattimento di Tancredi e Clorinda Furio Zanasi, est un merveilleux récitant, à la noble projection, à la théâtralité sur le fil ténu d’une émotion vibrante, incantatoire, au beau timbre d’airain tandis que María Cristina Kiehr est une Clorinde tragique et lumineuse et que Lluís Vilamajó campe Tancrède avec conviction. Dans le Lamento de la Nympha Monica Piccinini est d’une merveilleuse délicatesse, à l’éloquence enchanteresse.

@ Monique Parmentier

Le « madrigal absolu » comme l’appelait Philippe Beaussant, Hor che’l Ciel et la terra est certainement le point d’orgue de ce concert. Cet instant sublime, hors du temps est incomparablement servi par l’ensemble de la distribution. Les musiciens d’Hespérion XXI apportent au chant des couleurs dramatiques et figuratives de toute beauté. La direction inspirée de Jordi Savall est celle d’un maître qui depuis longtemps est devenu le compagnon et l’ami de Monteverdi qui l’a accompagné depuis de nombreuses années. En quittant l’abbaye sous le ciel étoilé, nous revient en mémoire, cet instant d’éternité, celui d’une dissonance unique et attendu qui fait vibrer les âmes et les cordes de l’infini. Vivre ce moment unique sous le ciel de Fontfroide fut bien celui qu’en montant à l’abbaye nous avions tant attendu.

@ Monique Parmentier

Le concert de l’après-midi initialement prévu pour cette dernière journée, a dû être annulé, en partie en raison de la situation sanitaire, et a été remplacé par un duo de violon d’autant plus exceptionnel, qu’il est rare de pouvoir entendre ses interprètes en dehors des formations d’ensemble et dieu sait pourtant s’ils sont d’exceptionnels violonistes. Manfredo Kraemer, Guadalupe del Moral, nous ont ouverts la route d’un voyage dans le temps et l’espace, pour violons nomades. Le programme qu’ils ont choisi de nous faire découvrir, est en soi un petit bijou, où l’on retrouve certes quelques compositeurs connus comme François Couperin, Jean-Marie Leclair ou Béla Bartók, mais aussi des pièces plus rares et non moins exceptionnelles nous provenant d’Amérique du Sud et que nous découvrons grâce à nos musiciens qui semblent partager avec un grand plaisir toutes ces petites madeleines gourmandes en les interprétant avec brio. Manfredo Kraemer prend la parole pour nous les présenter avec humour et tendresse. Le satané moustique de Bartók fait son effet sous les archets et doigts légers des interprètes et les tangos d’Osvaldo & Emilio Fresedo et de Luis A. Fernández dansent en un subtil feu de passion et de feu. Le trait d’archet puissant et aiguisé de Manfredo Kraemer s’allie à celui plus souple et sensuel de Guadalupe del Moral. Ce concert si singulier, si riche a fait le plaisir de tous les amateurs de ces concerts entre amis qui se rejoignent chaque année à Fontfroide, témoignage des salons de l’Europe musicale.

@ Monique Parmentier

Trait d’union parfait pour le dernier concert donné par Jordi Savall et Hespérion XXI, celui des Goûts réunis. Programme souvent donné de par le monde, témoignage du foisonnement de la création musicale en Europe durant un siècle et demi, aboutissant à la création de l’orchestre moderne.

De l’époque de Louis XIII et des 24 violons du Roi et ses pièces anonymes rassemblées par Philidor l’Aîné à la musique chatoyante du Roi soleil, que l’on doit à Jean-Baptiste Lully, encore pour un temps ami de l’autre Jean-Baptiste, pour la création de la Comédie-ballet, le Bourgeois Gentilhomme, en passant par l’Autriche et la cour de Salzbourg avec Heinrich Ignaz Franz Biber et sa Battalia a 10 pleine de vigueur et d’inventivité, mélange de rudesse et de raffinement, puis passant à la naissance du concerto, avec le Concerto IV en ré majeur, op.6, n°4, et au miroitement des archets de Corelli, véritable splendeur des Lumières, à la virtuosité incomparable, et avant de conclure par l’Espagne et La Musica Notturna di Madrid de Luigi Boccherini à l’aube d’un romantisme faite d’agilité et de contrastes, Jordi Savall nous propose d’entendre le Concerto IX in Seven Parts en Ut majeur de Charles Avison, digne représentant d’une Angleterre, passée de la musique si mélancolique des consorts pour viole à celle d’un orchestre si influencé par l’Italie radieuse de Domenico Scarlatti et de Corelli. Un programme d’une richesse incomparable, servi par la virtuosité de l’ensemble des musiciens d’Hespérion XXI, qui s’en donnent à cœur joie. Leur plaisir et leur complicité évidente, sous la direction bienveillante et si vivifiante de Jordi Savall, nous a permis de conclure le festival dans une joie si fragile, mais raffermi par ce bonheur d’avoir un temps été réuni pour célébrer le dialogue des âmes.

@ Monique Parmentier

Un grand merci à l’abbaye de Fontfroide et à la famille d’Andoque/Fayet et tout particulièrement à Laure de Chevron Villette, de nous avoir reçu comme à chaque fois, comme des Petits Princes, et de nous avoir permis de recevoir chacun, la plus belle des roses… une rose éternelle, à la beauté intemporelle, celle qui n’existe que par la musique, langage universel, permettant ce dialogue des différences, devenu si précieux. Merci aux bénévoles pour leur accueil toujours aussi chaleureux. Bravissimi aux musiciens et bien évidemment à Jordi Savall, que l’âge ne semble pas atteindre de ses ravages. La dernière soirée s’est achevée par une petite fête donnée en son honneur par l’ensemble des organisateurs et des musiciens. Nous avons repris la route, sous la nuit étoilée, l’espoir au cœur, ayant reçu la musique comme le plus beau des dons, celui qui dans ce voyage chaotique révèle l’invisible à nos regards condamnés à être trop rationnels, la poésie du monde.

Par Monique Parmentier

« La musique « n’est qu’un conte, un souffle qui passe » Roudaki (859-941)

Lire la suite
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 > >>