Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le blog de Susanna Huygens
Articles récents

Narbonne, ma belle

9 Août 2021 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Divers

@ Monique Parmentier

D'ici quelques jours, je terminerais ma chronique des concerts du Festival Musique et histoire, pour un dialogue interculturel qui comme chaque année s'est tenu à Fontfroide du 13 au 18 juillet.

 

 

Mais cette chronique me prend du temps, car j'ai malheureusement été contaminée par "le" Covid, probablement dans le TGV qui me conduisait à Narbonne le 12 juillet.

Heureusement, j'étais vaccinée car je pense que sinon mes symptômes auraient été encore plus lourds. Toutefois, la fatigue est bien là encore, avec des résurgences des points sensibles que le virus a atteint. J'ai repris le travail avec soulagement, mais il ne faut pas croire que ce séjour m'a laissé du coup plus de mauvais que de beaux souvenirs, car durant mon isolement les marques d'amitié et d'empathie que j'ai reçues m'ont beaucoup aidé. Me confirmant ce bien être absolu que je ressens à chaque fois que je peux séjourner à Narbonne.

@ Monique Parmentier

Je ne remercierais jamais assez le Zénitude hôtel également. La gentillesse du personnel et la vue que m'offrait ma chambre ont été pour moi d'un grand réconfort.

Le concert du 14 juillet a été comme à chaque fois, un instant de convivialité joyeux.

J'ai pu me promener dans les rues avant et après, prendre le temps de la contemplation, aller aux Halles et grâce à une véritable amie continuer à profiter des gourmandises qui y sont offertes. J'ai d'ailleurs retrouver le goût et l'odorat que j'ai perdu au 5e jour avant de repartir et donc d'autant mieux savourer les délicieux couteaux en persillade et autres merveilles de La Table de Benoît, les délicieux plats préparés de chez Maurice le Gascon, les fruits et légumes colorés qu'offrent à foison les Halles et autres petits macarons délicieux du Vieux Fournil.

Les fromages de chèvre dont particulièrement l'Ecu cathare de la Fromagerie Gandolf ont comme à chaque fois fait mon bonheur.

 

J'ai pu profiter des produits de la mer, qui sont si beaux et si bons que j'achète à l'Hippocampe et à la Marée Gruissannaisse.

Le café et les tisanes d'une de mes trois fées des Halles, Laëtitia de La tasse gourmande ont réchauffé avec douceur, le temps anxiogène de l'isolement, tout comme les encouragements de ma Fée Fleur, de  A Fleur de Thau, dont les moules et les huitres si savoureuses attendent mon installation, mais qui a toujours eu les mots pour me redonner du courage et le sourire.

Les miels de Carole, La ruche des Halles, rayonnent comme son sourire et sa générosité. Je tiens encore à la remercier, ainsi que le Père Noël, ce monsieur si gentil qui a fait le tour des commerçants des Halles, qu'elle a su mobiliser, malgré les fortes chaleurs pour me permettre de retrouver, non seulement le goût et l'odorat, mais confirmer ce sentiment profond qu'à Narbonne, je suis à la maison.

 

Narbonne est ma ville de coeur, je m'y sens bien et n'ai qu'une hâte, pouvoir m'y installer enfin. J'espère l'année prochaine.

Les Halles y sont mon point d'attache. Elles restent chaleureuses et gourmandes, malgré la crise sanitaire.

@ Monique Parmentier

A la fin de mon séjour, la rose des Elysiques, lorsque je suis ressortie, a refleuri, alors que le rosier semblait mourant au début de mon séjour. Elles m'ont redonnées, comme mes trois fées, ces trois roses, l'énergie nécessaire pour croire en cet avenir si incertain

Mille e mille volte grazie, à tous ceux, y compris les infirmières et le médecin, qui ont pris soin de moi, avec cette gentillesse et ce sourire, si propre aux narbonnais, sourire que même les masques ne parviennent jamais à effacer.

Par Monique Parmentier

J’ai réalisé toutes les photos

Lire la suite

Fontfroide 2021... ma ligne d'horizon

18 Juin 2021 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Chroniques Concerts

Rose des Elysiques - Narbonne

Oser y croire, se dire que même s'il va falloir pour cela affronter la peur déjà existante, mais amplifiée par la pandémie, de la foule, des plus de 7 h de voyage en taxi puis en train, l'horizon se dégage. Le festival aura bien lieu et j'espère bien pouvoir m'y rendre.

Retrouver les collines de Fontfroide, le parfum de la garrigue, le vent et ses voix qui murmurent... Les musiciens qui nous ont tant manqué... Jordi Savall nous présente le programme du festival Musique & histoire dans cette vidéo

Alors en attendant, soyez prudents, vaccinez - vous... (je vous assure, s'il y a bien sur ces deux ans une chose avec laquelle je n'ai pas eu de vrais soucis, c'est bien ce vaccin, que j'ai vécu comme une libération. Pas de 5 G sous la peau et dieu sait si dans ma campagne elle pourrait m'être utile pour télétravailler et contrairement à ce que j'ai pu lire, je ne me suis pas transformée en tomate OGM et je ne suis pas aimantée) et nous pourrons tous vivre de merveilleux instants dans ce sud que j'aime tant. Parce que la vie est belle, parce que nous sommes tous un peu responsable des uns et des autres et que s'il y a bien une chose que nous transmets la musique, c'est l'empathie...

Par Monique Parmentier

Lire la suite

Mae govannen

5 Février 2021 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Poésie et Littérature

J’ignore si vous êtes comme moi, mais pour tenir j’ai trouvé un refuge, ... la Terre du milieu et son univers si lointain et si proche. Je ne m’en lasse pas. Bien au contraire. J’aurais bientôt terminé les Lettres de JRR Tolkien, y découvrant la merveilleuse relation qui les unissaient avec son fils Christopher mais aussi tout ce qui fait de cet univers une aventure humaine. Tolkien n’est pas tout à fait un auteur comme un autre. Il vivait et « croyait » en ce monde « imaginaire » tout en vivant en parallèle sa vie dans notre monde. On a le sentiment que le lien avec son œuvre est vécu comme une seconde, une autre vie en le lisant. Il me semble que la plume qui le guide, devient la plume du lecteur. Sa relation avec certains de ses lecteurs est en cela particulière qu’en lisant leurs interrogations et les réponses que leur apporte Tolkien, présuppose chez ses lecteurs comme en nous, la réalité de ce monde qui est devenu le notre, en suivant les mots de l’auteur, mais en un autre temps que celui où nous vivons. Comme si en le lisant et en suivant sa plume nous passions de l’autre côté du miroir. Sa vision des contes de fées en est bien plus fascinante que celle de la psychiatrie. Sa vision de la relation aussi bien avec le cinéma, les traducteurs, les « lecteurs/ fans » superficiels m’a permis de mieux comprendre ce qui me dérangeait tant en particulier avec ces fans de musiciens (dans mon cas des artistes de musique ancienne 😉)... chacun a besoin d’un refuge pour tenir, mais vivre, mais une œuvre, une interprétation ne nous autorise pas à vivre par procuration au travers d’un artiste. « Pourquoi deviendrais-je un objet de fiction tant que je suis encore en vie ? » (Lettre 229 du 23/02/1961). Il n’est pas un être magique, mais un passeur de rêves. Tolkien n’a pas toujours eu une vie facile, mais son univers l’a porté. Je suis persuadé que la lecture et l'écoute sélective de concerts en streaming sont mes meilleurs amis.  

@ ayants droits famille Tolkien

Si l’oeuvre de Tolkien n’est pas une œuvre destinée  aux enfants, elle est une œuvre qui nécessite pourtant d’avoir gardé en soi cette faculté de rêver au fond des tranchées, alors que la mort rôde. Elle est une œuvre profondément humaine et généreuse et les illustrateurs qui ont été choisis pour nous en offrir la flamme de sa quintessence sont tous des poètes, profondément conscients que même en ce domaine Tolkien leur a montré la voie. Alan Lee est mon préféré juste après ... Tolkien.

Si j’attends avec impatience la nouvelle traduction du Silmarillion, je ne vais pas manquer de lecture en attendant et poursuivre ma route et espérer que l’impossible se produise... la voie du bonheur malgré les voix du vent si... je veux croire qu’elles espèrent elles aussi.

« En fait j’écris comme j’écris, bien ou mal, parce que je ne puis écrire autrement. Si cela plait à quelqu’un, grand ou petit, je suis aussi surpris que ravi ». JRR Tolkien Lettre à Jane Neave le 22/11/1961

Par Monique Parmentier 

Lire la suite

Si vous chantez ainsi, Mon coeur ne peut que se consumer de tristesse ...

22 Janvier 2021 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Dossiers Musique

@ Musée du Louvre

Je dois au confinement d'avoir pu retrouver en concert, le Poème Harmonique... Le 13 janvier, c'est avec un programme d'airs de cour, prévu pour être donné ce jour là à l'auditorium du Louvre, que j'ai pu les entendre. C'est un public d'internautes qui a bénéficié d'une retransmission en streaming, puisque le présentiel est rendu impossible par la situation sanitaire. Les musiciens ont ainsi pu partager ce bonheur si onirique de la beauté devenue si rare. 

@ DR

Et quelle que soit la distance et le temps qui s'est écoulé, je retrouve toujours cet étrange sentiment de plénitude, d'un ailleurs où le temps se suspend, où l'harmonie règne enfin que j'ai toujours ressenti avec cet ensemble de musique ancienne... Les musiciens sont là, nous conduisant vers un soleil levant, fait d'espoir et de rêves. Ils nous invitent à un voyage dont à chaque fois, il nous sera difficile de revenir, tant les mondes qu'ils nous dévoilent sont iridescents et fantasmagoriques et où "nos esprits libres et contents" peuvent ressentir l'infini douceur, à fleur de peau, de cette lumière si mélodieuse de l'aurore ou du crépuscule du monde.

@ DR

L'émotion qui m'étreint à chaque fois, que j'ai pu entendre le Poème Harmonique est toujours là. Le timbre de Claire Lefilliâtre unique, fait de clairs-obscurs, me bouleverse toujours autant. Je n'ai jamais pu dans les oeuvres des compositeurs de ce premier XVIIe siècle, me résoudre à me séparer de cette voix qui me touche tant. Ses compagnons de voyage, David Tricou (Ténor), Serge Goubioud (ténor) et Geoffroy Buffière (Basse) sont tous trois magnifiques. Leur complicité semble éternelle. Et les musiciens nous offre les plus belles couleurs de cette musique de ces ailleurs immuables. La direction de Vincent Dumestre possède toujours ce charme indéfinissable, tout à la fois espiègle, envoûtant et séduisant. Les pièces de ce programme sont celles qui ont fait du Poème Harmonique sa personnalité, si sensible et si précieuse : airs de cours et extraits des ballets, ainsi que de la première tragédie lyrique de Lully, Cadmus et Hermione, oeuvre de "jeunesse" qui redonne de la couleur au tableau noir du malheur.

@ DR

Et si depuis le 13 janvier, je reviens à cet enregistrement, comme un papillon attirée par la lumière dans une nuit qui n'en finit pas, je pense qu'il en sera de même pour vous.

Ōmi no umi
yūnami chidori na
ga nakeba
kokoro mo shino ni
inishie omōyu

O mouettes qui volez sur les vagues du soir
De la mer d'Omi !
Si vous chantez ainsi,
Mon coeur ne peut que se consumer de tristesse
En pensant à l'autrefois

Kakinomoto no Hitomaro 

Mille e mille volte grazie mille à Vincent Dumestre, aux chanteurs et musiciens et aux responsables de l'auditorium du Louvre de nous donner cette chance de pouvoir encore apercevoir l'horizon et de nous emporter vers des mondes de tous les possibles les plus merveilleux. Je leur demande pardon, d'avoir tant tarder à écrire ces quelques mots, mais partager mes impressions sur un tel concert, à partir d'une video, me demandait du recul, je ne voulais en aucun cas que cela apparaisse comme une critique, juste... ce qu'un jour, j'ai su être à jamais ma seule manière de pouvoir dire ... Merci

Par Monique Parmentier

Lire la suite

Bonnet rouge, veste verte Et plume blanche de hibou !

7 Janvier 2021 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Poésie et Littérature

@ DR - Richard Doyle

Certains jours, il me faut vraiment lutter pour ne pas céder au découragement. Mais alors, que je me sens y céder, vient toujours à moi, ce petit lutin farceur qui ne veut pas me laisser tomber. Tandis que la face humaine du Mordor, de la malfaisance et de la bêtise crasse m'étouffait, un petit miracle s'est produit en fin de matinée aujourd’hui. Bonnes fées et enchanteurs sont venus à moi, avec ce trait de lumière qui les caractérisent... Allez savoir pourquoi et comment, mais ils ont perçu ma détresse, même le ciel si gris a retrouvé un peu de clarté. Et un petit poème, d’un auteur bien inconnu des français appartenant à cet univers de la Fantasy anglaise, m’a permis d’entrevoir une ligne d’horizon…William Allingham (19 mars 1824 - 18 novembre 1889) … Un irlandais, fils de banquier, ami de Dante Gabriel Rossetti, a publié un recueil de poésie intitulé Faeries en 1850, petit joyau de ces mondes parallèles où à la joie de vivre, se mêlent humour et cruauté légère. Alors si vous aussi, vous avez envie de retrouver, cette part d'enfance et d'innocence, suivez la voie du Once upon a time... de ce chemin incongru du non-sens et de l'improbable bonheur... Celui qui mène aussi à la générosité, à l'ouverture d'esprit... Nul n'est parfait et ne doit chercher à l'être dans ces univers, juste en quête d'un sens plus... bien plus profond que ces apparences.

@ DR Richard Doyle - L'arbre des fées

Up the airy mountain,
Down the rushy glen,
We daren’t go a-hunting
For fear of little men ;
Wee folk, good folk,
Trooping all together;
Green jacket, red cap,
And white owl’s feather!

Down along the rocky shore
Some make their home,
They live on crispy pancakes
Of yellow tide-foam;
Some in the reeds
Of the black mountain-lake,
With frogs for their watchdogs,
All night awake.

@ DR - Richard Doyle - L'arbre des fées

De l’aérienne montagne
Jusqu’au vallon bordé de joncs,
Nous n’osons pas aller chasser
Par crainte des petits hommes.
Minuscules et bonnes gens
Patrouillant tous ensemble ;
Bonnet rouge, veste verte
Et plume blanche de hibou !

Là-bas, le long de la côte rocheuse,
Certains font leur maison
Sur de croustillants pancake,
A l’écume jaune
 

@ DR - Richard Doyle - L'arbre des fées

Certains, tapis dans les roseaux
Du lac de la montagne noire
Avec des grenouilles de garde
Veillent toute la nuit.

…(traduction du blog Merle Bardenoir). Il me reste maintenant à en apprendre plus sur ce poète et l'illustrateur Richard Doyle et son arbre des fées.

Par Monique Parmentier

 

 

Lire la suite

Tous mes meilleurs vœux pour 2021

31 Décembre 2020 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Divers

@ DR

"Nous avons tous, ce soir, droit à un peu d'enfance, à un état de grâce. Je vous dis "bonne année". Dites-moi aussi, de loin, "bonne année". Je vous assure que je vous entendrai." (Colette, Paysages et Portraits

Monique Parmentier

Lire la suite

Les concerts en streaming

23 Décembre 2020 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Divers

@ DR

Si les salles de concert sont fermées au public, les musiciens eux n'ont pas renoncés à l'essentiel et ont decidé de redonner de la couleur au tableau noir du malheur.

Vous pourrez donc suivre un certain nombre de concerts (ou d'ailleurs voir des expositions sur internet).

Vous pourrez entendre l'Oratorio de Nöel de JS Bach sur Radio Classique par Jordi Savall, la Capella Reial de Catalunya & le Concert des Nations à 21 heures, la nuit de Nöel.

 

Pierre et le Loup à la Fenice le 25 décembre à 16H sur Youtube en direct depuis la célèbre salle italienne, pour retrouver ce goût du conte enchanté en musique.

Jusqu'au 19 janvier, la Place de l'Orient à Madrid offre la possibilité de vivre et ressentir la musique classique grâce à des casques de réalité virtuelle permettant une expérience audiovisuelle immersive. C'est ainsi que vous pourrez voir et entendre le concert "Symphony" sous la direction de Gustavo Dudomel et les musiciens de l'Orchestre de chambre Mahler.

La Philarmonie de Paris retransmettra deux concerts, l'un le 23 décembre, le "Chant de la Terre" de Gustav Mahler avec Daniel Harding à la direction, l'autre le 30 décembre, ce sera Raphaël Pichon et son ensemble Pygmalion qui donneront la symphonie "Inachevée" de Schubert.

Jan Van Eyck @ DR

Le 26 décembre à 16 heures, depuis son site internet, le Choeur de chambre polonais de Gdansk jouera Cicha Noc (Douce nuite) du compositeur Maciej Malicki.

Le 27 décembre à 21 heures, l'ensemble Solisti Veneti, dirigé par Giulano Carella nous offrira dans la Basilique Saint Antoine de Padoue des extraits d'oeuvre de Bach à Vivaldi et Gruber un concert

L’ensemble Solisti Veneti, emmené par Giuliano Carella, jouera dans la Basilique Saint Antoine de Padoue, des morceaux allant de Vivaldi Tartini, de Corelli à Bach et Gruber, pour un concert diffusé en ligne le 27 décembre à 21heures,  sur Rete Veneta, visible sur les chaînes numériques terrestres italiennes, sur le site Santantonio, les frères de la basilique et sur youtube en se connectant à la chaîne "Messaggero di san'Antonio".

Vous pourrez assister sur Arte à la retransmission des concerts du Nouvel an à Vienne et à la Fenice. Ce second sera placé sous la direction Daniel Harding qui offrira la 4eme symphonie de Beethoven et l’Orchestre du Capitole dirigé par Tugan Sokhiev seront en ligne sur leur page Face Book et leur chaîne YouTube le 31 décembre à 20 heures.

D'autres concerts feront l'objet de retransmissions par France Musique.

Enfin, les musées ne sont pas en reste pour nous offrir, des visites virtuelles d'exposition dont le Musée de la Dynastie à Bruxelles, qui nous offre une immersion chez les maîtres flamands et aussi la Galerie nationale de Prague et le musée Wallraf-Richartz de Cologne qui nous proposent "« Rembrandt, portrait d’un homme » au Palais Kinsky de Prague.

Jan van Eyck @ DR

De quoi, redonner à ces fêtes de fin d'années si particulièrement anxiogènes et tristes, un peu d'ouverture sur un monde où la beauté et l'harmonie existent encore.

Je ne pense pas trouver de mots pour vous souhaiter des voeux qui auraient du sens pour 2021, tant cette année dont j'avais espéré qu'elle soit poétique a révélé la déperdition de l'humanité. Mais tenir et espérer toujours, tandis que je poursuis ma route dans l'univers Tolkien.

Puissiez-vous trouver en vous, tout ce qui en fait, nous rappelle que ces fêtes de fin d'année sont avant tout faites pour l'introspection, le recueillement, l'écoute, la quête de l'harmonie perdue.

Par Monique Parmentier

Lire la suite

Nemrod

28 Novembre 2020 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Divers

Maxfield Parrish - Illustration Wynken, Blynken, and Nod @ Dr

Difficile d'écrire, de se sentir porté par ce quotidien sans horizon. En semaine, je travaille (télétravail), car j’ai de la chance et ne nous parviennent que des nouvelles sordides et sinistres. On sort peu, tentant de résister à la peur de cet invisible ennemi.

On guette, en essayant d’y croire, cette réaction saine, qui pousserait les hommes de pouvoir et d’argent, à renoncer à la cupidité. On sait, que désormais la machine s’est emballée. Que le seul horizon offert, c’est ce mur du Soleil vert... mais en même temps tout ce que la Fraternité de l’anneau nous a appris, c’est qu’il faut y croire et poursuivre la route. Il y a une semaine, par deux fois, ceux qui ont fait le miracle de l’exposition Tolkien à Paris, m’ont offert tout ce qui redonne du sens à la vie.

A l’un d’eux, je dois la découverte de cet enregistrement d’une œuvre d’Edward Elgar, Enigma Variations... une ode à l’amitié et à la beauté. Me rappelant, qu’il me reste tant à découvrir. La direction de Leonard Bernstein irradie d’un éclat irréel, reflet d’un temps où survivait encore la conviction que les rêves peuvent avant tout être ceux d’un monde empathique et généreux.

L’autre si merveilleux moment, je le dois à une interview, https://m.youtube.com/watch?v=XXYcqFOmKso du grand spécialiste français de Tolkien, Vincent Ferré, donnée à CinéHeroes. Il y parle non seulement de son cheminement personnel vers l’auteur et son œuvre mais aussi de sa rencontre avec Christopher Tolkien. Et il nous en parle, avec une émotion si sincère et sensible que nous ne pouvons qu'être bouleversé.  Ce fils si fidèle bien plus qu’à la mémoire de son père et à un chef d’oeuvre Unique, mais si aimant pour ce père qui l’avait emmené à la découverte de cette Terre du Milieu. Une terre où la féerie de l’Horizon de l’Utopie était si belle, qu’il n’a pu la garder pour lui. Le merveilleux surgit de la beauté des sentiments qui unissait l’auteur et ses enfants, l’auteur et ses personnages, l’auteur et ses lecteurs.

Merci.

Monique Parmentier

@ Famille Tolkien

Wynken, Blynken, and Nod one night
  sailed off in a wooden shoe —
Sailed on a river of crystal light,
  into a sea of dew.
"Where are you going, and what do you wish?"
  the old moon asked the three.
"We have come to fish for the herring fish
  that live in this beautiful sea;
Nets of silver and gold have we!"
  said Wynken, Blynken, and Nod....

Lire la suite

Poésie des passants

15 Octobre 2020 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Divers

@ Journal of Art in society on Twitter

Cela fait quelque temps que je ne suis pas revenue ici... Le temps passe vite et face à ce monde où l'on cultive le narcissisme comme un art, j'ai préféré vivre mes petits instants de poésie dans le silence.

Puis il y a quelques jours, je suis tombée sur une série de photos prisent dans une ville américaine, Saratoga, en 1915... l'une d'entre elle a fait l'objet d'une colorisation, qui soudain redonne son mouvement aux passants, leur grâce, leur élégance... J'ai eu le sentiment de les observer depuis ma fenêtre. 

La vie s'est comme suspendue pour adopter un autre rythme. Alors m'est revenu en mémoire ce poème de Louis Aragon :

@ Journal on art of Society on Twitter

.... Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu'un cœur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement.

J'ai tout appris de toi pour ce qui me concerne
Qu'il fait jour à midi, qu'un ciel peut être bleu
Que le bonheur n'est pas un quinquet de taverne
Tu m'as pris par la main dans cet enfer moderne
Où l'homme ne sait plus ce que c'est qu'être deux
Tu m'as pris par la main comme un amant heureux"...

@ Monique Parmentier

Depuis la fenêtre du bureau où je travaille, j'aperçois les touches de lumière ondulées au vent d'automne. Le monde dehors s'est quasiment arrêté, figé par les voyageurs inconscients qui n'ont pas su s'arrêter alors qu'il en était encore temps. Ils ont rendu vivant l'un des pires cauchemars des romans d'anticipation mais alors que l'on aurait pu espérer qu'à la sortie du confinement, ils accepteraient de vivre avec raison et en acceptant que pour un temps il faudrait faire avec des frustrations, ils n'ont eu qu'une obsession, picoler sans soif, faire la fête sans joie, juste pour avoir l'illusion de rattraper le temps, alors que toujours ils n'étaient que les suiveurs d'un temps qui les rattrapaient. Ils ont même donné à certains la possibilité de rogner les droits les plus fondamentaux au nom de notre protection que nous sommes incapables d'assumer. J'ai tout entendu, même qu'au fond, la mort étant normale, il fallait laisser mourir les faibles et les anciens pour permettre à d'autres de poursuivre leurs "fêtes" au "bonheur" forcé.

Je ne me reconnais pas dans ce monde... alors je poursuis ma quête de la poésie et veut espérer que ce temps forcé au retour au cœur de l'hiver, vers le foyer, au temps qui prend son temps, à la lecture, à la rêverie... chacun le prendra. Et qu'au sortir de la longue nuit, nous aurons enfin accepté cette idée qu'il nous faut construire un monde moins affamé de ce superficiel loisir. Et comme ce couple, nous redonnerons au temps qui nous est donné, son éternité.

Par Monique Parmentier
 

 

Lire la suite

Quête de poésie, envers et contre tout

22 Avril 2020 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Divers

@ Monique Parmentier

Je ne compte plus les jours depuis longtemps... Chaque matin je me rends à la fenêtre de ma chambre pour apercevoir la Marne et les premiers rayons du soleil, qui brillent sans discontinuer depuis le début du confinement. Ce n'est pas la solitude contrainte mais apaisante qui me pèse, mais l'éloignement de tout et de tous. Je télétravaille en semaine et c'est une chance extraordinaire que de pouvoir s'occuper, sans inquiétude dans le présent sur l'aspect financier... Car je vis au présent, complètement au présent, pour éloigner toute source d'anxiété. Le festival de Fontfroide a été annulé, mais comme j'avais réservé mes vacances, j'espère pouvoir rejoindre mon sud aux dates fixées. Mais pour l'instant, je conserve dans un coin l'idée que si rien ne se s'arrange en France, il me faudra sans doute repousser. Mon seul projet, est que si tout va bien, mi-mai, je tenterais de rejoindre à 25 km d'ici, la campagne et ma famille...

@ Monique Parmentier

Vivre au présent, sans projet particulier, apporte étrangement une forme de bien être. La grande anxieuse que je suis y trouve une forme d'harmonie. Je me réjouis de chacun de ces instants où tout va bien ou pour le mieux, et m'installe en semaine dans une "routine", où le soleil du matin dans l'appartement est ma plus grande joie. J'écoute en travaillant, les minis concerts de la veille au soir du Duo Tartini, puis j'écoute, lorsqu'ils se permettent de temps en temps une petite excursion dans ma rue, le chant de quelques oiseaux qui redeviennent plus rares depuis que les automobilistes respectent de moins en moins le confinement, alors qu'ils étaient revenus. Je me fie aussi au son des cloches... J'aime les entendre reprendre leur volée du matin, l'angélus à midi... Souvenir d'une campagne lointaine et d'une enfance de plus en plus onirique. Furieuse sur les responsables politiques du monde, je préfère abandonner ma colère, dans la lecture les weeks ends. Tolkien continue à m'accompagner.

@ Famille Tolkien

En ce moment, je suis les pas de Tom Bombadil et retourne aussi dans les Contes perdus par intermittence. Je sais que la réalité est là, en bas dans la rue. Je me sens paralysée par cet extérieur que je ne rejoins que fort peu, pour réceptionner des colis en bas de mon immeuble ou à mon épicerie de quartier. Je ne suis réellement que sortie deux fois, la troisième sera pour cette semaine. Je sais qu'il me faudra parvenir à ressortir plus loin et à affronter une agoraphobie qui ne date pas d'hier. Fille de la campagne, je ne trouve plus ma place dans ces villes d'Ile-de-France depuis bien longtemps et le comportement suicidaire de cette foule indisciplinée qui n'a pas su, pas voulu changer de vie, de modes de surconsommation et qui en ne respectant pas le confinement démontre qu'elle est incapable de cette simplicité qui sauverait la planète et permettrait à tous de mieux vivre. Pourquoi l'humanité se laisse-t-elle ainsi guider par sa pulsion de mort ? Je ne sais. J'aspire depuis si longtemps à quitter la ville, à retrouver l'horizon de ma petite enfance, lorsqu'au au loin, dans un sfumato provoqués par des nuées d'insectes au-dessus d'un étang lointain, je l'observais et m'y abandonnais pendant des heures. En fait, j'aimais à imaginer des mondes ainsi, dont aucun n'existait dans la réalité. Les voyages au long cours, je les ai toujours préférés dans les livres, plutôt que dans la vraie vie. Et même si j'en ai fait quelques uns, qui m'ont laissé de beaux souvenirs, à chaque voyage lointain, j'ai toujours su, que cette forme de voyage n'était pas pour moi. Pour les réaliser, je devais rompre avec cette supposée solitude de la lecture ou du rêve. Le vrai monde réserve de belles découvertes, de belles surprises, de belles rencontres, mais jamais je n'ai rencontré quelqu'un qui me dise que l'harmonie régnait en son monde, que là où je me trouvais, on serait parvenus enfin, à considérer que tous enfin en ces terres avaient trouvé le sens profond de leur raison d'être là, en cet instant précis.

@ DR

La pulsion de mort triomphante, ne vient -elle pas simplement, de ce refus de voir que le sens naît de l'harmonie et que l'harmonie naît de la simplicité, de cet équilibre entre l'être, ce que nous sommes vraiment et notre capacité à savourer l'instant présent pour ce qu'il est. Nous remplissons le vide avec du vide trop souvent... Alors que le vide n'est justement pas vide. La fameuse matière noire qui remplit l'univers est là pour le prouver. La complexité des formes de vie sur Terre aussi. Il nous suffit pour le comprendre et trouver du sens d'observer une fleur qui se déploie et parfume son environnement, le ciel d'un bleu profond ou qui s'obscurcit de nuages aux formes extraordinaires, un enfant qui joue, un chien qui court, un papillon qui vole, une hirondelle qui vire-volte... un ami qui vous sourit, qui vous appelle pour vous donner des nouvelles et en prendre... Non le vide n'existe pas, si on ne cherche pas à remplir un "vide supposé" avec du vide. Si on ne parcourt pas la planète, participant ainsi à sa destruction, en pensant trouver mieux ailleurs, ou pour faire une photo aussi vite oubliée de soi devant ou avec, pour la mettre sur des réseaux sociaux, si l'on ne s'empiffre pas avec des mets venus du bout du monde nécessitant de détruire les espaces naturels pour les produire, si l'on n'entasse pas des objets technologiques bourrés de composants électroniques qui ne pourront pas être recyclés le jour où vous en aurez assez de tel ou tel objet qui ne suffira plus à vous rassasier de cette faim sans faim, du à votre incapacité à vous ouvrir à l'empathie, à la sensation du bonheur, du petit bonheur, à ce plaisir de partager quelques uns de ces instants avec vos proches.

@ Monique Parmentier

Voilà, ce confinement débuté quelques jours avant tout le monde grâce au télétravail, je m'en réjouis, car il est extrêmement bien organisé et l'on reste en contact. Le plus difficile pour moi, sera de retourner dans cette réalité de l'absence, de ces gens qui court après quelque chose qui n'existe pas, niant l'essentiel, cette autre réalité où chante les voix du vent et de cette peur que provoque en moi ces "monstres" aussi petit soit-il que génère notre "civilisation" sans âme et sans rêve :

He lived up under Hill, were the Withywindle
ran from a grassy well down into the dingle.

Old Tom in summertime walked about the meadows
gathering the buttercups, running after shadows,
tikling the bumblebees that buzzed among the flowers,
sitting by the waterside for hours upon hours.

Les aventures de Tom Bombadil

 

Par Monique Parmentier

Lire la suite
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 > >>