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Le blog de Susanna Huygens

La magie des grandes eaux au Grand Trianon à Versailles

18 Août 2014 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Versailles

Grandes eaux trianon 038A Versailles, il y a les Grandes Eaux du parc, ou plûtot du Petit Parc, autour du château, accompagnées par de la musique qui résonne dans tous les hauts parleurs placés à des endroits stratégiques et il y a celles du Grand Trianon qui ne sont données que deux à trois fois par an, sans autre musique que celle de l'eau, du vent, des murmures des feuillages et du chant des oiseaux. Ce sont les Grandes eaux, telles que les a connues Louis XIV. Pure féérie que je vous invite à découvrir en quelques photos.
Avec d'abord le jet central du Fer à cheval qui donne sur le Grand Canal.
Cette année ces Grandes Eaux ont été données pour le 15 août et nous les retrouverons pour les journées du Patrimoine.
La fragilité du réseau hydraulique et des bassins ne permet pas de les donner plus souvent. Par ailleurs, les fontainiers pris par celles du parc, ne disposent à cette occasion que de une heure trente pour nous les offrir, qu'ils en soient remercier. Car ces Grandes Eaux de Trianon, vous permettront de redécouvrir la vraie magie de ce métier unique.

 

Tendez l'oreille, ouvrez grand les yeux et laisser à l'enfant qui sommeille en vous suivre les chemins qui vous mèneront aux Sources. 

 

JGrandes-eaux-trianon-017.JPG'avoue qu'en arrivant vers midi, je pensais avoir tout vu à Versailles et qu'il me serait donc difficile d'être encore émerveillé, tant la foule qui se bouscule dans les allées du parc et les Grands Appartements fini par rendre le lieu assez insupportable. La chance du Grand Trianon, c'est qu'il n'a quasi pas connu Marie-Antoinette, que son ameublement empire n'attire pas autant les touristes et que son état général, en fait en quelque sorte le château de la Belle au Bois Dormant. Et c'est tant mieux, car l'on peut encore s'y promener sans être bousculé, entendre les oiseaux chanter, y apercevoir une faune sauvage (comme les hérons qui fuient désormais les abords du Grand Canal, les faucons... Ici pour un peu, certains jours de brouillards on pourrait presque croiser des fantômes).
Grandes-eaux-trianon-037.JPGAlors chaque visite, nous y offre le vrai plaisir d'une solitude toute relative mais oh combien paisible, dans cet endroit où la beauté et l'harmonie règnent encore. 
Le Grand Trianon, c'est vous savez celui qui a remplacé en 1687, le petit Trianon de Porcelaine. Ce dernier trop fragile, ne résistait pas aux intempéries. Sans compter que celle pour qui il fût conçu, Mme de Montespan, avait été répudiée, laissant sa place à la Belle Indienne, Mme de Maintenon. 

On doit le Trianon que nous connaissons aujourd'hui, à Jules - Harduin Mansart, l'architecte du roi, dont Le Nôtre considérait qu'il faisait fort bien son métier de... Maçon. Alors s'il nous prend parfois à regretter de ne pouvoir voir ce petit palais, dont "l'exotisme" tout relatif devait être particulièrement ensorcellant, ce palais de marbre n'en possède pas moins de charmes.
Grandes eaux trianon 066Quant à ses jardins, s'ils ont beaucoup souffert du temps qui passe et des tempêtes, ils restent un enchantement.
Grandes-eaux-trianon-080.JPGVoici deux photos du bassin du Plat fond. Ce dernier est situé dans le fond du Jardin en face du palais. Il est orné de deux dragons sur les côtés et de deux sculptures en bronze, deux amours s'amusant sur deux ilôts jonchés de coquillages de François Girardon.
Si nous devons le palais du Grand Trianon à Mansart, c'est bien  Le Nôtre qui dessina les jardins. Mais avant lui une famille de jardiniers fidèles au domaine du Roi y travailla. Parmi eux, Michel II Le Bouteux  (1623-entre 1696/1716). Issu lui aussi d'une famille de jardinier, il avait en charge les fleurs et les orangeries.
Et c'est l'une des particularités de ces jardins du Grand Trianon. Contrairement à ceux du parc, les fleurs y tenaient une place essentielle. Elles embaumaient l'air porté par les vents. Les jardiniers d'aujourd'hui vieillent avec un grand soin à nous en rendre tous les sortilèges.
Samedi, comme au temps du Roi Soleil, les fontainiers ont comme leurs illustres prédecesseurs, équipés d'une clé lyre fait jaillir les mystères des eaux. La magie opère instantanément. L'eau, la terre et l'air s'en sont donnés à coeur joie, ce 15 août pour nous emporter dans des instants de pures fantasmagories. Soleil et nuages, jouant à cache-cache, nous onGrandes-eaux-trianon-056.JPGt invité à vibrer, sur un univers où la nature accepte de se laisser apprivoiser pour mieux transcender les éléments.
Le superbe Buffet d'eau, bassin de marbre que l'on doit à Mansart, chante sur plusieurs registres, tandis que du jet "du plat font" (voir plus haut) émane un grondement tellurique.
Grandes eaux trianon 103Les nymphes vous grisent de leur chant et de leurs danses et aux Sources, l'ancien bosquet aujourd'hui disparu, semble murmurer des souvenirs et des ris, d'un temps ancien. Des enfants jouent au milieu de dieux et déesses qui viennent vous inviter à oublier le temps présent, à redécouvrir un univers sans autre bruit que celui des coeurs qui battent à l'unisson de l'univers.

Par Monique Parmentier, article et photos.

 

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Fontfroide : un chant d'amour

7 Août 2014 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Divers

narbonne-ete-2014-329-copie-1.JPGnarbonne-ete-2014-209.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J'ai mis beaucoup de temps à revenir, car du temps j'en avais "besoin". J'avais mis la musique entre parenthèses, car certaines blessures non cicatrisées donnaient au mot "partage", une connotation destructrice.

 

narbonne-ete-2014-284.JPGIl me fallait retrouver le temps. Un temps qui s'arrête ou prend le temps de s'écouler avec les sources claires, loin des menteurs et des manipulateurs croisés sur des chemins bien moins lisses qu'ils n'auraient du être.

 

Lorsque j'ai commencé à écrire sur la musique, lorsque je me suis engagée dans le bénévolat à Versailles, je pensais ne croiser, bien trop innocement je pense, que des personnes passionnées avec qui "partager" l'amour du beau, un amour qui rend généreux, crée un dialogue entre culture, ouvrant les horizons.

 

Concernant Versailles, j'ai récemment rayé de mes amis, un escroc. Un manipulateur que j'ai heureusement vu venir, contrairement à celui croisé en écrivant des chroniques musicales.

 

narbonne-ete-2014-332.JPGIl m'a fallu du temps, beaucoup de temps et c'est à l'Abbaye de Fontfroide, durant le festival Musique & Histoire qu'en juillet, il s'est enfin arrêté. Là au milieu de la garrigue, en soirée, une soirée recouverte par les nuages, le vent a chanté et l'a suspendu. Le vent et les violes de Jordi Savall et Philippe Pierlot !

 

Il m'arrive encore de revoir dans mes rêves cet instant. Lorsque enfin, j'ai osé vaincre ma peur de partir seule dans les collines.

 

Des nuages bas les recouvraient. L'orage menaçait. La nuit pourtant encore lointaine semblait vouloir s'en emparer. Un vent aux senteurs lourdes les écrasait. Il était l'heure de dîner, avant un concert prévu à 21 h 30.

 

Pourtant quelque chose m'appelait dans ces collines. Alors, j'ai répondu à cet appel.

 

narbonne-ete-2014-372.JPGPourquoi est-il si difficile de vous faire entendre cet instant où l'harmonie a chanté ? Je ne saurais précisément vous le dire. Mes photos n'y parviendront pas plus. Je marchais, marchais. A chaque pas, je me disais, en voyant un arbre, une tour de guet, je vais aller là-bas et je m'arrêterais. Mais je ne parvenais pas à m'arrêter. Mon souffle restait léger pourtant, alors qu'asthmatique, je respire mal dès que je fais un effort. Je ressentais la caresse de l'air. La beauté du chemin me poussait à continuer. Et puis, ... je ne saurais dire précisément pourquoi, je me suis retournée. J'ai d'abord perçu le sifflement du vent qui parcourait la garrigue, puis aperçu un oiseau de proie qui survolait la forêt plus haut. Le vent sifflait t-il vraiment ou chantait-il ? ou... il me semble encore qu'il parlait, tout comme au loin ces voix des violes de Jordi Savall et de Philippe Pierlot qui répétaient encore et encore. J'ai su alors que j'étais arrivée. Que le poids du chagrin était resté sur le chemin. Oui j'ai su que j'étais arrivée et que désormais, la peur avait disparu, qu'elle n'avait plus lieu d'être. Longtemps, longtemps, longtemps... Je suis restée là. Une éternité. Savourant l'harmonie, celle de la Terre Mère. Et puis les voix des violes se sont perdues, suspendues. Il m'a fallu redescendre. Pourtant, je sais désormais qu'une partie de moi est là-bas. Sur ce chemin, je retournerais.

 

narbonne-ete-2014-019.JPGDu festival Musique & Histoire, pour un dialogue interculturel, je garde bien plus que des mots, ou que mes trois articles. Deux pour Classique News : Chants d'exil et d'amour et Une source d'harmonie et le dernier pour ODB que je n'ai pas titré, parce qu'il est difficile de laisser partir, cette harmonie.

Ce bien plus, s'appelle de belles rencontres, avec de merveilleux artistes et aussi toutes ces belles personnes croisées à l'abbaye et à Narbonne. Jamais, je n'ai reçu un accueil aussi chaleureux, vu tant de belles choses. Narbonne est une ville dont la beauté, la générosité est à l'image de ses musées et de ses gourmandises.

 

narbonne-ete-2014-024.JPGUne ville où le sud,vous sourie et où souffle un vent qui fait vibrer la lumière. Une ville où dans ses rues on ressent un bien-être devenu rare. Sous les Halles, une merveille architecturale, la convivialité est à l'image de ses restaurateurs et de ses commerçants, dorée comme son miel. Fille du nord, je ne me suis jamais sentie intruse, avec mon accent pointu de parisienne.

 

 

 

 

 

 

 

narbonne-ete-2014-216.JPG

Les Corbières me manquent. Narbonne me manque. Fontfroide et sa source d'harmonie qui s'écoule désormais dans mes veines m'appellent.

 

Par Monique Parmentier

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