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Le blog de Susanna Huygens
Articles récents

Loreena McKennitt... A dancing dream of all Eternity

10 Janvier 2019 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Divers

@ Dr

Il des jours plus difficiles que d'autres. Des jours où l'on rêve d'un ailleurs, loin très loin de ce monde, sans rêve, sans horizon, ce monde devenu une toile d’araignée qui nous étouffe.

Alors comme un appel résonne en moi, ce cri brisé de la liberté et du temps perdu. Alors je réécoute sans fin, An ancient Muse de Loreena Mc Kennitt et tout particulièrement Caravanserai… "Un rêve dansant de toute éternité"... A dancing dream of all Eternity.

J'ai le sentiment que tant que la musique s'écoulera, les murs s'effondreront, que ce sinistre univers du réel, où le cynisme règne en maître, s'effacera et laissera la place à l'horizon bleu, aux grains de sable blonds, à la lumière bleue des étoiles, au pas lent vers l’infini des dromadaires.

Il m'arrive de me sentir si mal dans ce monde qui génère tant de perversité et ces pervers narcissiques à l'affût de nos failles, de mensonges, de manipulation, de jugements sur tout et sur rien, que je ne peux qu'avoir envie de fuir et de suivre ces caravanes des routes imaginaires de la soie.

@ DR

Avec Caravanserai, je reprends ce chemin d'un autre temps et de petite souris grise, je redeviens celle qui en des temps anciens donnaient sens aux mots. J'aime ce CD pour sa beauté. Loreena McKennitt réalise des programmes somptueux, merveilleusement orchestrés… Mais au-delà d'une interprétation digne des meilleurs interprètes classiques, il y a dans ces CD, une émotion rare et précieuse, celle qui transforme en songe nos vies.

Son univers est celui que je retrouve dans les illustrations d'Edmund Dulac… Celui qui pourrait nous murmurer "Once upon a time"... et dévoiler ce chemin oublié et qui me ramènerait "à la maison", redonnerait du sens à ma vie et à ce qui m'entoure… Mais ne m'enchaînerait plus.

Par Monique Parmentier

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Très belle année 2019

31 Décembre 2018 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Divers

@ DR

Once upon a time... j’aimerais alors que le temps qui passe, s’apprête à écrire ✍️ les pages d’une nouvelle année, la plume légère, vous souhaiter de trouver les mots qui enchanteront votre histoire en cette nouvelle année.

Puissiez-Vous redonner à chaque instant et à tous ceux qui les partageront avec vous, la substantifique magie de la joie, du bonheur, de la beauté et de l’irrationnel pour mieux dire non au malheur, à la violence et au narcissisme pervers qui trop souvent gouvernent ce monde et nos vies.

Je voulais à l’occasion de mes vœux, vous remercier d’être à ma grande surprise, sans cesse plus nombreux à venir partager mes coups de cœur, ma mélancolie et mes petits bonheurs. Petit à petit, je revisite ce blog... la musique y reviendra bientôt. Et je compte bien vous reparler de « mon » sud. Des poèmes y surgiront au gré de la fantaisie de mes lectures. Ce blog ne sera jamais dans l’air du temps. Il est libre comme l’air et les fées et elfes  de mon enfance. Adulte, je revendique ma liberté... d’aller où les vents portent les plumes ...

Très belle année 2019.

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Voyage d'hiver au Jardin extraordinaire

29 Décembre 2018 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Divers

@ Monique Parmentier

Il m'aura bien fallu revenir de ce Sud qui a ouvert l'espace d'un instant, au cœur de l'hiver, ce livre de conte qui à chaque fois me murmure ces mots : Once upon a time... Il était une fois... J'ai laissé derrière moi -à moins que ce ne soit ... devant moi- la lumière bleue. Je sais que j'y reviendrais. Comme Alice, je sais que tôt ou tard, je poursuivrais le lapin blanc qui me ramènera au pays du Jardin extraordinaire, au pays des merveilles.

"Twas brillig, and the slithy toves
Did gyre and gimble in the wabe;
All mimsy were the borogoves,
And the mome raths outgrabe."

 

 

@ Monique Parmentier

A chacun son chat du Cheshire...  en fait à Narbonne, ils semblent se multiplier, mais à force de les suivre, j'en ai rencontré un qui m'a mis sur la voie de mes rêves, de mes souvenirs. Celui qui me chantonne de ne jamais perdre de vue l'horizon, une fois la porte des rêves franchie, afin de parvenir à rentrer... à la maison, une maison qui n'est plus qu'une lointaine, si lointaine réminescence, que je poursuis depuis si longtemps.

@ M Parmentier

J'aime Narbonne. Je l'ai aimé, comme j'aime les Corbières et le Minervois qui l'entourent, depuis la première fois qu'une amie sans le savoir, en acceptant de m'emmener au Festival de Fontfroide, m'a offert le plus beau cadeau qui soit... Ce sentiment après un long, très long voyage, d'être rentrée "à la maison".

 

@ M Parmentier

Vous n'imaginez pas, combien il est étrange de la savoir là, invisible et si proche, qu'il ne faudrait qu'une parole magique pour que son portail m'apparaisse, que sa porte s'ouvre à la liberté d'être, de vivre, d'échapper à ce monde aussi sinistre que le ciel d'Ile-de-France et à cette société si narcissique, qu'elle gomme toute trace de poésie, pour ne plus parler que d'argent et de pouvoir. Retrouver la magie de l'inutile, du futile, de la danse des mots et des chants d'oiseaux et des sources. Je sais beaucoup dirons qu'il faut être bien fou pour croire aux rêves qui ne parlent pas d'egos surdimensionnés, qui refusent le pouvoir à la psychanalyse qui ne cherche qu'à rabaisser un imaginaire heureux, un imaginaire qui appelle à lui tout ce que la nature mère nous offre de plus beau.

@ M Parmentier

Et pourtant, à Narbonne, n'est -on pas au pays du "Fou chantant", au pays du Jardin imaginaire... et bien que vous me croyez ou non, Alice qui ne refuse aucune occasion de poursuivre les lapins blancs qui parlent et qui croient plus que tout que vivre ses rêves peut nous mener bien plus loin que le bout du monde, Alice ... petite Alice a bien retrouvé la porte d'entrée de ses rêves ici... Tout là - bas. Vous ne me croyez pas...

@ M Parmentier

D'ailleurs durant mon séjour, quelques seigneurs du Cheshire m'ont rappelé que le vrai et le faux se valent bien pourvu que l'on soit prêt à y croire. Comme à chacun de mes séjours, je me suis laissée porter par mes songes. Ne voulant pas envisager le retour, je n'ai vécu que l'instant, oubliant, effaçant de la réalité, tout ce qu'il m'a fallu depuis rejoindre, mais qui là-bas n'a guère de raison d'exister.

@ M Parmentier

Les fééeries de Noël, ont un goût d'enfance à Narbonne. Ici l'innocence est reine et tandis que les températures donnent au jour une sensation de printemps qui ne demande qu'à renaître, tout en maintenant l'illusion d'un hiver qui donnerait envie de se réconforter à la chaleur des gourmandises des fêtes. Tout ici est invitation à vivre le présent comme le plus beau des trésors.

@ M Parmentier

Une mini ferme imaginaire, un théâtre de marionnettes qui égrènent les contes du temps passé et un palais des jeux anciens sont autant de possibilités d'enchanter l'instant, de le faire miroiter comme un joyau précieux. Adultes et enfants s'offrent le luxe ultime de laisser battre leur cœur à l'unisson de la candeur qui luit en chacun d'eux.  Et si la fête foraine et ses manèges y rencontrent un grand succès, tout comme le marché de Noël, où les gens déambulent, plus qu'ils n'achètent, on est dans le sud et il fait doux, devant la beauté de l'horizon, on s'arrête.

@ M Parmentier

On s'abandonne pour mieux profiter d'un rayon de soleil enchanté. Car ce n'est pas tant le vin chaud qui est important que le simple fait d'être là, hors du monde au seing de la foule. Du creux de ma mémoire, un extrait de poème me revient... cet instant simple et tranquille qui ne demande qu'à ressurgir et à repousser cet ordinaire étouffant qui empoussière nos vies. Alors j'ai marché et marché encore. Je suis allée rendre visite à cette amie, reine des abeilles qui sous les Halles vend le meilleur des miels, celui de ces terres d'été parfumées et incandescentes des Corbières... des Hauts de Corbières.

@ M Parmentier

J'ai succombé aux multiples gourmandises qui ne demandent qu'à être dégustées. Toutes vous content l'histoire d'un terroir aussi magnifique et chantant que son fou. Huitres, Chapons, vins rosés, blancs ou rouges, truites qui ne viennent que "de pas bien loin", -des Pyrénées voisines-, de ces écus crémeux du Pays Cathare ou vigoureux comme ces jambons des cochons noirs de Bizanet...

@ M Parmentier

Rabelais aurait été heureux ici... alors la petite souris grise redevient d'un coup de baguette magique une Cendrillon certes sans prince mais affranchie... ou plutôt ... Une Alice au Pays des merveilles toujours.

@ M Parmentier

Et si les Halles de Narbonne sont mon temple, celui de la joie de vivre, ma caverne d'Ali Baba, les rues me réservent à chaque fois bien d'autres surprises, à condition d'accepter une bonne fois pour toute, qu'à Narbonne pour vivre heureux, il ne faut que trois fois rien.  Qu'il n'y faut jamais, oh grand jamais être rationnel, faute de quoi vous passerez à côté de l'essentiel.

@ Milega-15 rue de la Parerie

Au pays des Elysiques, tout est possible, surtout l'improbable. Dans un monde, aussi matérialiste que le nôtre cela pose un problème, le manque d'emplois... Mais le jour, où rêver, flâner, savourer seront des métiers à part entière, ... Mais que ne le sont - ils déjà ?

@ Namasthé-7 rue de la Parerie

Pendant cinq jours, je me suis offert ce luxe d'y croire. Alors  forcément, j'ai découvert la garde robe d'une princesse des Mille et une Nuit et ses multiples trésors. Chaque pas, ouvre une nouvelle page et chaque seconde a un goût d'éternité. Un bakeneko serait-il passé par là ?... Son cousin du Cheshire lui n'en doute pas.

@ Monique Parmentier

Mais avant que de repartir, de quitter ces lieux enchantés, il me fallait repasser par la source, celle qui me guidera de son chant, pour mieux revenir l'été prochain.

@ Monique Parmentier

Je suis restée longtemps à l'écouter murmurer, ne parvenant pas à me résoudre à ce "retour" qui me semble à chaque fois être le plus douloureux des déchirements depuis que je sais, ne plus être ici si loin de ce monde que je croyais perdu et que désormais j'entre aperçois dans le chant de la garrigue environnante. Je sais vous ne l'entendrez pas, mais aux pieds de la Crèche de Noël de la Cathédrale de Narbonne, l'onde s'écoulait, cristalline, joyeuse et chatoyante. Vous devrez me croire sur parole.

@ M Parmentier

Je suis rentrée sur l'Ile-de-France le cœur lourd mais l'âme légère. L'été n'est pas si loin. Fontfroide retrouvera les musiciens venus des quatre coins du monde et tel les rois mages, ils apporteront ce message de concorde dont la réalité sonnante et trébuchante nie l'extrême nécessité... celle de l'inutile, de la poésie, de la vie, des rires, ...

@ Monique Parmentier

Pendant quelques jours les Elysiques reviendront de loin et feront briller les notes de la nuit et je reprendrais mes flâneries dans l'espoir d'enfin retrouver la clé qui m'ouvrira les portes du Jardin extraordinaire.

Par Monique Parmentier

 

Oups... @ Monique Parmentier

 

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Il faut vieillir - Colette

27 Décembre 2018 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Poésie et Littérature

DR : Société des Amis de Colette

« Il faut vieillir. Ne pleure pas, ne joins pas des doigts suppliants, ne te révolte pas, il faut vieillir. Répète-toi cette parole, non comme un cri de désespoir, mais comme le rappel d’un départ nécessaire...
Éloigne-toi lentement, lentement, sans larmes ; n’oublie rien ! Emporte ta santé, ta gaîté, ta coquetterie, le peu de bonté et de justice qui t’a rendu la vie moins amère ; n’oublie pas ! Va-t’en parée, va-t’en douce, et ne t’arrête pas le long de la route irrésistible, tu l’essaierais en vain, – puisqu’il faut vieillir ! Suis le chemin, et ne t’y couche que pour mourir. Et quand tu t’étendras en travers du vertigineux ruban ondulé, si tu n’as pas laissé derrière toi un à un tes cheveux en boucles, ni tes dents une à une, ni tes membres un à un usés, si la poudre éternelle n’a pas, avant ta dernière heure, sevré tes yeux de la lumière merveilleuse – si tu as, jusqu’au bout gardé dans ta main la main amie qui te guide, couche-toi en souriant, dors heureuse, dors privilégiée… »

Les Vrilles de la vigne - Colette

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Retour à la maison

19 Décembre 2018 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Divers

@ Monique Parmentier

Aussi étrange et complètement fou que cela puisse paraître, tandis que le TGV me ramène vers « mon » sud, la nature me rappelle à ces souvenirs qui rendent possible l’enchantement. La nuit nous a quitté un peu avant Valence... la pluie a semé ses dernières gouttes un peu après Nîmes et la lumière bleue s’ouvre désormais devant nous. Il me reste à briser le sort qui voile la plus belle des réalités et le plus grand des bonheurs.

Par Monique Parmentier

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... Sans qu'un mot m'indiquât quel fut le bon chemin.

7 Décembre 2018 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Poésie et Littérature

@ Monique Parmentier

S’arrêter devant le soleil

Après la chute ou le réveil
Quitter la cuirasse du temps
Se reposer sur un nuage blanc
Et boire au cristal transparent
De l'air
De la lumière
Un rayon sur le bord du verre
Ma main déçue n'attrape rien
Enfin tout seul j'aurai vécu
Jusqu'au dernier matin

Sans qu'un mot m'indiquât quel fut le bon chemin

CARREFOUR
Pierre Reverdy (1889-1960) – Les Ardoises du toit (1924)

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Papillon affolé

2 Décembre 2018 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Poésie et Littérature

Arthur Rackham @ DR

« Et toi aussi, tu es ce que j'ai été et ce que sont la plupart, un pauvre papillon affolé voletant autour d'une lampe, se brûlant les ailes à la flamme. Toi, aussi, tu es dans la fournaise, dans la chambre de torture qui s'appelle le monde, la vie. Tu t'es agité et meurtri et tu n'as pas plus que tes frères en illusion, réussi à saisir l'eau du mirage, le fantôme du bonheur... »

Alexandra David-Neel — Extrait d’une lettre à son mari de Podangue en 1914

 

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Bailar cantando... l'âme de l'oiseau

22 Novembre 2018 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Chroniques CD

@Alia Vox

Ce Cd aux sensations multicolores et tournoyantes est une véritable perle baroque qu’on ne lasse pas d’écouter et réécouter, tant sa beauté aux multiples facettes est envoûtante. Entre l’apparente joie de vivre de la musique et la profonde mélancolie des textes, on y voyage vers l’horizon d’une liberté rêvée et de civilisations dont le mystère a survécu par la musique.

Je vous avais évoqué ce programme à l’occasion du festival Musique & Histoire pour un Dialogue interculturel en 2017, durant lequel il a été enregistré. Et quel bonheur de le retrouver, avec une émotion intacte et même multipliée par les souvenirs et le temps que l’on s’accorde pour en savourer les textes, -que ce soit des chants, mais ceux aussi de Jordi Savall et des musicologues-, ainsi que les illustrations, qui font de cette publication un coffret rare et précieux.

Cette « fiesta mestiza en el Perú » comme son sous-titre l’annonce est celle du métissage dont les sources profondes sont celles des origines d’une musique populaire issue des civilisations anciennes qui ont marqué le Pérou. Il est composé de chants et de musiques issus du Codex « Trujillo del Perú », provenant de la Cathédrale de Lima et datant des années 1780-90. Toute la richesse culturelle d’un pays, au cœur du XVIIIe siècle, donc plus de deux siècles après l’arrivée des conquistadors, s’y révèle. Ces différentes populations, tant d’origine amérindienne, qu’africaine et espagnole ont en partie fusionné leur héritage. Ce Codex contient de superbes aquarelles et des textes présentant un grand intérêt ethnologique, nous offrant aussi bien une description de la vie quotidienne des indiens et des colonisateurs, qu’une somme de connaissances sur la diversité de la faune et la flore. Et au milieu de tout cela, des partitions de Tonadas, Cachuas, Tonadillas, Cachuytas et Lanchas ne demandent qu’à retrouver leurs musiciens.

 

@ Monique Parmentier

L’orchestre rassemblé par Jordi Savall prend donc en compte toutes les spécificités et multiples ascendances de ces musiques et les fait flamboyer, scintiller, virevolter pour notre plus grand plaisir. Et si le Quetzal n’est pas un oiseau des Andes mais de l’Amérique centrale, il semble ici surgir des notes, comme pour mieux rappeler la luxuriance de la pluralité des mondes qui se rencontrent ici. Ces musiques populaires si évocatrices d’ailleurs, de liberté, de mystères se jouent de la rupture avec les mots qui eux nous disent la souffrance, la peur, l’indicible profondeur de la souffrance de l’âme. La diversité des couleurs instrumentales - de la guitare en passant par les harpes, mais également les flûtes et les percussions amérindiennes (telle la quijada)- et des voix, nous racontent des histoires où les émotions et des situations parfois tragiques, parfois drôles s’entremêlent.

 

Comme il s’agit de l’enregistrement du concert de Fontfroide, on se plait à retrouver ici, grâce à une qualité de prise de son équilibrée et claire, l’émotion ressentie sous les voûtes de l’abbaye cistercienne de Fontfroide. Si le maestro catalan reprend ici des airs déjà enregistrés (Comme la cachua « Niño il mijor »), dans certains autres programmes à thèmes où s’intégraient parfaitement certaines chansons issues du Codex, il recompose comme à chaque fois une nouvelle épopée dont la poésie nous étreint le cœur et nous met l’âme en joie.

 

Ce programme fait surgir les cimes des Andes et les cités mythiques ou historiques de l’Eldorado à Machu Pichu, ou ces déserts si secs où les nazcas ont dessiné des figures énigmatiques qui nous fascinent et qui ont générés bien des mythes et des légendes.

 

Les voix arc-en-ciel d’Ada Coronel et Maria Juliana Linhares dansent et font tournoyer les couleurs des costumes chatoyants et les plumages féériques des colibris qui font vibrer l’air tandis que le soprano si lumineux d’Adriana Fernandez, irradie le bleu si pur d’un ciel irréel et presque accessible à la main de l’homme.

 

Le magnifique solo Jaya llûnch, Jaya Llôch, une tonada dont le texte est issu de la langue Moche, accompagné par un bourdon obsédant, évoquant la mort du christ, est tel que dans notre souvenir. L’élégance du phrasé et la plénitude qui émanent du chant du ténor Victor Sordo, donnent vie aux larmes qui apaisent et suspendent le temps. En duo ou trio, avec leurs camarades tous plus superbes les uns que les autres de la Capella Reial de Catalunya, ils donnent corps à ces textes, célébrant Noël ou la liberté, parfois très audacieux et impertinents, ne s’attardant jamais longtemps sur une mélancolie qui sourde parfois. Cet univers irisé, où frémissent les cordes et palpitent les percussions d’Hespérion XXI, est riche de mille et une nuances et couleurs toujours fastueuses. Le Tembembe Ensamble Continuo et Les Sacqueboutiers s’en donnent à cœur joie, de rire et de folie. Il faut ici souligner particulièrement les couleurs si péruviennes des flûtes, au souffle si énigmatique et dépaysant, de Pierre Hamon. Elles résonnent comme un appel de l’inconnu, du songe, qui tôt ou tard pousse l’être humain, à partir au -delà, par-delà l’horizon, chercher l’inconnu, et parfois pour son malheur et celui de celles ou ceux qui seront sur son chemin, la damnation de l’or.

 

Au pays du Condor, les âmes s’élèvent ici toujours plus haut, plus loin, en quête du bonheur sous toutes ses formes échappant au malheur grâce aux voix du vent, à la musique et à la danse.

 

La Capella Reial de Catalunya : Marie Juliana Linhares, Adriana Fernández, sopranos ; David Sagastume, contre-ténor. Victor Sordo, Lluis Vilamajó, ténors. Furio Zanasi, Baryton. Marco Scavazza, baryton ; Daniele Carnovitch, basse.

Musiciens d’Hespérion XXI. Direction, Jordi Savall

A CD ALIA VOX Durée du CD1 70’01. Livret : Castillan/Français/Anglais/Catalan/Allemand/Italien. Enregistrement réalisé à l’Abbaye de Fontfroide, Narbonne, le 19 juillet 2017.

Enregistrement, Montage et Masterisation SACD : Manuel Mohino (Ars Altis)

 

Par Monique Parmentier

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Arianna, Petter et Miquel, Chants du Sud et du nord... chants de l'infini

14 Novembre 2018 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Dossiers Musique

@ DR

Ce matin dans mon train du petit matin très tôt, j'ai commencé à écouter l'enregistrement d'un concert d'Hirundo Maris donné à Prades. En quelques instants, j'ai eu le sentiment d'être transporté loin, si loin…  hors de ce monde, dans un univers de tous les possibles, de tous les Once upon a time…  Le temps s'est effacé pour laisser place à un univers dont la beauté et l'harmonie s'entrelaçaient et m'enlaçaient d'un lumière faite d'amour et d'empathie.

A l'instant où j'ai perçu autour de moi tous les gens qui se levaient me ramenant au quotidien, il m'a fallu surmonter un choc émotionnel dont je n'imaginais pas qu'il pourrait être si vertigineux. J'ai été submergée aux larmes par le déchirement du retour. La musique, les voix d'Arianna Savall et de Petter Udland Johansen, le charme qui émanent du programme Chants du Sud et du Nord sont si oniriques que rien ne peut résister à l'envoutement, à la fascination qu'ils exercent. Accompagnés par Miquel Angel Cordero à la contrebasse, les trois artistes créent en quelques secondes un lien entre les âmes qu'il est impossible de rompre en un instant… de rompre tout simplement. La profondeur du son des trois instruments à cordes et des voix, est d'une sensualité infinie. En un murmure, la poésie du chant devient un souffle de vie. Les nuances instrumentales semblent multiplier les voix, appeler les voix du vent… Oh merci Arianna, Petter et Miquel d'avoir donné à mon petit matin très tôt, le sentiment d'un ailleurs où le silence serait musique et où règnerait une paix indicible. Merci pour cette magie des fées et des magiciens.

Par Monique Parmentier

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Jordi Savall et les Nations en concert à Versailles et Lyon

12 Novembre 2018 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Dossiers Musique

@ Alia Vox

Le 4 Décembre 2018 à Versailles et le 15 Décembre 2018, à Lyon Jordi Savall donnera en concert le programme "Les Nations" de Couperin, que j'ai eu la chance d'entendre à Fontfroide cet été. Véritable invitation aux songes et à la méditation, cette musique de l'intime, de la conversation, de l'écoute entre amis a donné son nom au Concert des Nations, né en 1989. Alors que Jordi Savall et Montserrat Figueras, entouré de musiciens venus de toute l'Europe, se sont rassemblés pour faire revivre ces musiques qui plus que jamais nous apportent cette harmonie qui manque tant à nos quotidiens. Cette œuvre si essentielle dans le répertoire de la viole, est avant tout un hymne à la diversité et à la fraternité.

"Déclinée en quatre ordres : la Françoise, l’Espagnole, l’Impériale et la Piémontoise, chacun comprend une sonate aux accents italianisants, suivie d’une suite de danses résolument françaises". L'Europe ici, est celle des voix humaines, celle de la concorde entre les peuples, rêvée depuis si longtemps et qui aujourd'hui encore, malgré les institutions peine à se faire entendre.

Je chroniquerais durant l'hiver cette magnifique réédition de l'enregistrement qui vit le jour du Concert des Nations. Un magnifique cadeau pour les fêtes.

Vous pouvez par ailleurs retrouver sur le site de la Semaine du son, qui se tiendra à Paris du 21 janvier 2019 au 3 février 2019, une superbe interview de Jordi Savall, qui en sera le parrain. N'hésitez pas à l'écouter. 

Par Monique Parmentier

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