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Le blog de Susanna Huygens
Articles récents

Sagesse du lever du jour

6 Avril 2020 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Poésie et Littérature

@ Alban Huillet via une page Face Book

Prière amérindienne... pour que son chant s’élève avec l’Aurore :
Sagesse du Lever du jour… 
Que le vent apporte mes paroles sur les ailes de l’Aigle…
Pour que les
cœurs comprennent de ne jamais prendre la beauté de la création, 
Prendre ce qu’elle ne peut donner…Est détruire la vision et devenir aveugle…
Ne plus entendre son chant à travers les oiseaux, les arbres, l’eau, le vent,
Est d’étouffer la mélodie des esprits de la nature qui vibre en son rythme,
Que de polluer les parfums qui embaument ses habits de saisons,
Est de sentir l’odeur de souffrance et de mort des veines de notre Mère… 
Grand-Esprit que notre mémoire nous soit rendu,
Pour se rappeler que nous sommes Unité avec le Tout,
Que l’Énergie des mains du soleil guérisse ces plaies ouvertes,
Que l’Amour des Cœurs Unis s’assemblent en l’humanité, 
Grand Père Ciel étanche la soif de notre Mère,
Purifie par les eaux ces blessures déjà profondes,
Que l’arc-en-ciel annonce le Renouveau…

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Chaque instants, je sens... ses milliers battements de bonheur

5 Avril 2020 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Poésie et Littérature

@ DR

O Terre, ma nourricière,
prends moi en ton sein si sécuritaire,
laisse mes mains et mon coeur refermer tes profondes blessures,
ne laisse pas ce poison, cette douce amertume devenir cyanure,
Chaque instant je sens ton cœur,
ses milliers de battements de bonheurs,
Tant de guerres sur ton sol sacré,
nullement ta sagesse n’en a été entachée,
je remercie chaque jour que tu m'ais ouvert les yeux sur tes mondes cachés,
je suis maintenant ma rivière intérieure,
loin de mes doutes et mes peurs,
pures illusions de nos esprits emprisonnés,
arrêtez vous un instant et écoutez….
la Nature vous crient que vous vous égarez,
elle vous dis, viens mon enfant, ton chemin je vais te montrer!

Prière Lakota 

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Chaque journée nouvelle est un trésor à cultiver

3 Avril 2020 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Divers

@ DR

Finish each day and be done with it.  You have done what you could.  Some blunders and absurdities no doubt crept in; forget them as soon as you can.  Tomorrow is a new day.  You shall begin it serenely and with too high a spirit to be encumbered with your old nonsense.

          ~ Ralph Waldo Emerson ~

3 semaines déjà et une seule sortie pour récupérer mes courses. Grâce au télétravail, je conserve un emploi, une véritable activité qui est mon repère temporel et m’aide au quotidien à faire face à l’isolement, loin de ma famille et de mes amis et face à l’anxiété que provoque cet ennemi invisible.

Contrairement à certains, j’ai compris très vite le danger, mais je n’avais pas le choix et j’ai tenté de me persuader que les paroles rassurantes, du type « ce n’est qu’une méchante  grippe » étaient plus « authentiques », plus logiques que cette terreur diffuse qui s´est emparée de moi, aux premières nouvelles arrivant de Chine.

Désormais, il faut faire avec. Tenir et espérer. Je veux croire qu’à l’issue de la crise, les dirigeants de ce monde, mais aussi chacun d’entre nous, seront capables de remettre en cause notre mode de vie d’enfants gâtés. Que cette mondialisation qui a sombré dans l’absurde, jusqu’au suicide collectif, se réfrénera. Je veux espérer que nous saurons renoncer à la surconsommation, au tourisme de masse. Que nous saurons entendre le message de la planète ... de cette Conscience qui nous dit aujourd’hui que nous ne sommes pas seuls dans l’univers puisqu’en dehors d’une humanité déjà si nombreuse, il existe une merveilleuse diversité de formes de vie sur la planète que nous nous devons de respecter. Chacun de nous à des comptes à rendre, et pas seulement les politiques. Chacun de nous porte une part de responsabilité. En attendant, prenons ce temps qui est donné et respectons ce confinement qui peut sauver des vies et en particulier, celles de celles et ceux qui n’ont pas le choix et qui sauvent des vies ou nous permettent de manger et subviennent à nos besoins vitaux. 

par Monique Parmentier

 

 

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« Protége toi, nous arrivons »

2 Avril 2020 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Divers

@ DR

Les voix du vent à Fontfroide ne mentent jamais. Je dédie cette phrase à celui à laquelle, je l’avais confié l’été dernier.

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"Il fera beau bientôt"

27 Mars 2020 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Poésie et Littérature

@ Carte du pays des contes de Fées - Bernard Sleigh - 1918 - Bib du Congrès

Âgé de cent mille ans, j’aurais encor la force
De t’attendre, ô demain pressenti par l’espoir.
Le temps, vieillard souffrant de multiples entorses,
Peut gémir : Le matin est neuf, neuf est le soir.

Mais depuis trop de mois nous vivons à la veille,
Nous veillons, nous gardons la lumière et le feu,
Nous parlons à voix basse et nous tendons l’oreille
À maint bruit vite éteint et perdu comme au jeu.

Or, du fond de la nuit, nous témoignons encore
De la splendeur du jour et de tous ses présents.
Si nous ne dormons pas c’est pour guetter l’aurore
Qui prouvera qu’enfin nous vivons au présent.

Robert Desnos, 1942

 

Je profite de ce passage pour dire un grand, très grand merci à ceux qui luttent et affrontent le coronavirus pour soigner, sauver des vies ou nous permettre de vivre ce confinement au mieux. Chères lectrices et lecteurs, je vous en conjure, respecter le confinement, pour vous et pour elles et eux. Ne les sacrifiez pas à un égoïsme démentiel. Apprenez à savourer ce temps qui vous est donné et à vous poser les bonnes questions, sur ce mal que vous avez à vous arrêter. Ce besoin de toujours aller chercher plus loin, ce que vous ne trouvez pas ici. La mondialisation folle et narcissique, nous a conduit à la catastrophe, mais espérer et croire en l'avenir est un devoir. Préparons nous à construire un futur meilleur.


Par Monique Parmentier

 

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La route se poursuit sans fin

27 Février 2020 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Poésie et Littérature

@ DR

The Road goes ever on and on
Down from the door where it began.
Now far ahead the Road has gone,
And I must follow if I can,
Pursuing it with eager feet,
Until it joins some larger way
Where many paths and errands meet.
And whither then? I cannot say.

   ~ J. R. R. Tolkien
      The Fellowship of the Ring

La poésie de Tolkien m’est devenue une amie très chère 

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Continuo, Addio : une tendre rêverie, flamboyante et onirique

19 Février 2020 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Chroniques CD

@ Museo

C’est un programme plein de grâce, à la poésie tendre et lumineuse que nous offre ici le duo Tartini.

L’été dernier, lors du festival de Fontfroide, il m’avait profondément surprise par sa beauté évanescente et sensible. Avec la musique, dansaient dans la Cour Louis XIV de l’abbaye les papillons, bourdonnaient les abeilles. La musique portait les parfums de garrigue et de lavande. Le temps suspendait son vol pour mieux chanter une joie partagée d’un instant à jamais éternel.

En dehors de Tartini, les compositeurs qui composent ce programme ont bien souvent été oubliés par la postérité. Ils appartiennent tous à une période de transition, entre baroque et romantique, ce classique où l’on classe aussi bien Campra que Haydn, Dauvergne que Bonporti et d’où Mozart les réduits tous pour le grand public et beaucoup de maisons de disque, à un rôle de figuration, profondément injuste. Et que ce soit, Tartini, Nardini, Platti ou Albrechstberger et tous ceux que le Duo Tartini choisit de nous présenter ici, participent au plaisir de la redécouverte d’une pratique musicale en constante régénérescence et ont quelque chose d’infiniment délicat à nous offrir.

Alors que la basse continue disparaît progressivement et que le violon devient l’instrument roi, ce dernier se cherche de nouveaux partenaires capables de l’affronter en virtuosité et en expressivité.

Je pourrais bien sûr disserter sur l’histoire de ces compositeurs et sur leur époque encore longuement. Le XVIIIe siècle est une époque qui voit se développer les arts décoratifs qui donnent aux intérieurs bien plus que du confort ou un bien être nouveau, c’est aussi une période qui doute et se remet en question et développe un goût du partage, dont les salons littéraires sont la quintessence. Au goût de la conversation s’ajoute celui de la pratique musicale très souvent virtuose. De nombreux compositeurs qui parcourt l’Europe se croisent, se rencontrent, se stimulent, réinventent chaque jour pour mieux surprendre un auditoire en quête d’harmonie et de beauté

@ DR Duo Tartini

Mais ce que je retiens par-dessus tout, des multiples écoutes de ce CD, c’est la splendeur de l’interprétation de David Plantier au violon et d’Annabelle Luis au violoncelle. Elle nous révèle ici des musiciens dont les œuvres sont d’une subtilité et d’un raffinement qui nous transportent dans un univers enchanté.

L’on se prend en écoutant ce CD à revoir combien cette musique de l’instant, peut nous faire revivre la sensation de plénitude, telle que je l’ai ressentie à Fontfroide en l’écoutant. Est-ce les archets ou les papillons qui virevoltent ? Est-ce les phrasés des instrumentistes qui murmurent des mots si élégiaques et nostalgiques ou des ombres que la lumière d’été fait renaître, savourant pour l’éternité le simple bonheur d’être ensemble. La poésie de l’éphémère, nous est rendu dans toute son exubérance, épanouie et parfois si nostalgique, puissante et lyrique, pleine de sensibilité et ensoleillée. L’art de la conversation musicale offre ici une rhétorique pleinement maîtrisée rendant ainsi l’émotion tout à la fois intemporelle et romanesque. David Plantier et Annabelle Luis sont tous deux de merveilleux instrumentistes/solistes, dont l’art de la conversation musicale est juste tout simplement épanoui et accompli. La rêverie musicale prend avec eux son envol et nous transporte ailleurs.

Par Monique Parmentier

1 CD MUSEO -  Continuo, Addio ! Duets, Sonatas, Caprices pour violon & Violoncelle. David Plantier, violon ; Annabelle Luis, violoncelle. Duo Tartini. Direction Durée : 75'32'. Enregistré à l’église Saint-Rémi de Franc-Warêt (Belgique) du 4 au 7 septembre 2018 - Code barre : 5 425019 973315

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Tolkien, un univers enchanté que je n’oublierai jamais

7 Février 2020 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Poésie et Littérature

@ Monique Parmentier

C’est depuis un téléphone portable, avant que de retourner au monde dit réel, que j'écris ces quelques mots. Pour la troisième fois hier, je suis retournée à la BNF consacrer mon après-midi à la fabuleuse, merveilleuse exposition Tolkien suivi de la conférence d’Alan Lee. Une dernière occasion d’y faire d’ailleurs des rencontres à l’image de JRR Tolkien et de son fils Christopher qui vient de disparaître. Nous ne serons jamais assez reconnaissant à ce dernier d'avoir consacré une bonne moitié de sa vie à la publication et traduction des œuvres de son père. Vincent Ferré qui a eu la chance de le rencontrer, lui a rendu ce soir un hommage dont l’émotion a particulièrement touché le public venu nombreux assister à la dernière conférence du cycle Tolkien. 

La bienveillance  fait partie de cet univers, loin de l’agressivité que l’on subit dans un monde où la perversité triomphe trop souvent. Que pourrais-je dire, écrire qui rendrait un juste hommage à la BNF pour cette exposition inoubliable ? 

@ BNF / Alan Lee photo Monique Parmentier

Le choix d’illustrer le cheminement d’un auteur, à plus d’un titre exceptionnel, par non seulement ses manuscrits et ses illustrations mais aussi par des œuvres qui ont participé à la construction de son imaginaire est particulièrement juste et d’une poésie à la hauteur de l’homme. Tout ici est à l’image du sentiment que l’on éprouve lorsqu’on entame la lecture du Seigneur des anneaux. On ouvre le livre, on prend la route et ... l’on aimerait la poursuivre à tout jamais avec l’auteur et ses « héros ». 

Merci... mille et mille fois merci à la famille Tolkien, à la BNF, à Frédéric Manfrin, Vincent Ferré et à tous leurs partenaires... un grand merci à Alan Lee de nous avoir un peu révélé cette alchimie du voyage en Terre du milieu.

Par Monique Parmentier

@ BNF / Alan Lee Photo Monique Parmentier

PS : Hier en soirée l'exposition a définitivement refermé ses portes et dans les échanges sur twitter entre les commissaires et les visiteurs, le même sentiment de deuil partagé. La sensation douloureuse de voir partir à tout jamais un ami et son univers qui a tous nous a apporté un si grand bonheur, tant d'humanité, de poésie devenu si rare. Cette conscience si amplifiée et si inexplicable, ce chagrin que nous avons tous ressenti, cette exposition que nous sommes nombreux à avoir vu plusieurs fois, incapable de ne pas répondre à son appel, je ne l'avais jamais connu pour ce type d'événements. Je le ressens en quittant Fontfroide et ses musiciens à la fin du festival ou en quittant Narbonne et mes fées des Halles... jamais je ne l'avais ressenti pour une exposition. En fait, à chaque visite, je me suis sentie happée par cet univers. J'ai eu comme Alice, le sentiment d'ouvrir un livre et d'en suivre les personnages au fil de la lecture et de me couper du quotidien, de la réalité. Et à chaque fois qu'il a fallu en ressortir, j'ai ressenti un profond déchirement... Déchirement que nous sommes un certain nombre à avoir vécu. Tout se passe comme si Tolkien avait fait de chacun de nous un membre de la fraternité de l'anneau, pour peu que nous ayons cette capacité à redevenir des enfants et à accepter les mots du livre, comme la mémoire commune d'une autre réalité... mais d'une réalité plus généreuse, plus fraternelle, plus authentique.

Alors merci... Merci à John Ronald Reuel Tolkien... Merci à Christopher. Merci à la BNF. Merci à Vincent Ferré, Frédéric Manfrin, Emilie Fissier... Merci à tous les partenaires de cette sublime, car là le mot est totalement approprié, exposition. Merci à toutes ces belles rencontres durant mes visites, dont ce couple de biologistes dans la file d'attente de la conférence d'Alan Lee. Je sais que ce livre ouvert ne se refermera jamais, qu'il m'accompagnera par delà ... et au delà, sur ces routes à explorer en compagnie d'une fraternité à jamais retrouvée ... 

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Que la route vous soit belle en 2020

31 Décembre 2019 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Divers

@ DR

Voici une année qui se termine... elle fût certains jours, fort belle et d'autres moins... Il en sera probablement ainsi en 2020 pour beaucoup d’entre nous... La cupidité de certains met le monde à mal et cette fin d'année ne semble guère de bon augure... mais l'espoir, il nous faut garder et trouver refuge dans la poésie du monde, en espérant qu’un jour à force de l’appeler, de la dire, de la murmurer, de l’invoquer, elle finira par métamorphoser ces âmes les plus perverties par l’illusion de l’or et du pouvoir qui détruisent tout, n’ayant jamais assez.

 

De cette année 2019, je retiendrais mon merveilleux séjour dans mon sud l'été dernier et par-dessus tout, la sublime exposition que la BNF consacre à l’œuvre littéraire de JRR Tolkien. Loin du film extrêmement commercial dont ne me restait à l’esprit que la violence et les effets spéciaux, je découvre chaque jour, d’abord par la lecture de sa bio puis du Hobbit, et désormais par celle du Seigneur des anneaux que je suis en train d’achever, la beauté d’une création d’un extrême raffinement et d’une beauté surnaturelle.

 

@ DR

A travers cet auteur, je retrouve tout ce qui occupe mes pensées, ma quête. Cette nature qui parle et qui vit à côté de nous et que nous n’entendons pas ou si mal, parce que nous lui prêtons un langage humain, anthropomorphe à l’excès… Mais les voix du vent que je peux encore surprendre à Fontfroide, ne me disent pas des mots, elles murmurent quelque chose d’autre, un langage différent… Cela ressemble au fond à ce langage des elfes inventé par Tolkien… C’est irréel et pourtant, lorsque je parviens à le mettre en mot… Cela pourrait parfois ressembler à ce chant que Frodo chante doucement à la veille de son départ pour l’horizon des Havres gris :

 

"Pourrait encor surgir au détour du sentier,

Une nouvelle route, une porte cachée,

Et si j’ai du passer chaque fois mon chemin,

Bientôt viendra le jour où je prendrai enfin

Ces sentiers dérobés qui promettent merveilles,

Qui à l'ouest de la Lune, qui à l'est du Soleil...

 

@ Musée du Louvre - RMN

A ! Elbereth Gilthoniel !

silivren penna miriel

o menel aglar elenath !

Giltoniel, A ! Elbereth !

... Il demeure en nous, éternel,

Même en ces contrées éloignées,

Le souvenir de la lumière,

Clarté étoilée sur les Mers »

 

Chère lectrice, cher lecteur… Puissent vos rêves trouver le chemin qui vous permettra de vivre harmonieusement cette année qui vient. Puissiez – vous aussi, contribuer à cette poésie du monde qui vous appelle. « La route se poursuit sans fin / Qui a commencé à ma porte / Et depuis m’a conduit si loin ». Très belle et poétique année 2020 à chacun.

 

Par Monique Parmentier

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Elkano : Voyage vers l'infini

17 Décembre 2019 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Chroniques CD

@ Alia vox

Voici un programme, dont la splendeur vous émerveillera. Il est le fruit d’un travail d’ensemble, d’une grande cohérence. Il nous emporte sur les mers, tout autour du monde, à la quête d’un passage qui bien plus que commercial, est un cheminement humaniste à destination d’un monde qui s’enrichit de toutes ses différences.

Bien que Jordi Savall n’y participe pas, il ne fait pas que prêter sa maison d’édition, Alia Vox, à des musiciens qui travaillent régulièrement avec lui. Il en est aussi clairement le parrain et l’inspirateur. Enrike Solinís, reconnaît cette filiation et source d’inspiration dans son texte d’introduction. Ce dernier porte avec passion et une réelle maturité, ce programme qui nous conte le voyage de Juan Sebastian Elkano (1476-1526), second de Magellan, qui parvint avec 18 survivants (sur plus de 200 hommes) à terminer le premier tour du monde.

Sur un programme de chants et de musique de l’Âge d’Or de la navigation basque, il nous relate et nous fait percevoir un monde en plein bouleversement, prenant conscience d’une diversité qui s’ignorait, mais aussi des émotions plus personnelles, passant de la joie à la mélancolie, de la passion à la mort. Après le portrait du navigateur, Enrike Solinís et ses compagnons, tels les marins de Magellan, découvrent les mille et une couleurs musicales des univers traversés. Ils nous invitent à un voyage mythique à travers le temps et l’espace, rendant réel, vivant, vibrant les mondes traversés. Langage universel et atemporel, la musique n’en possède pas moins autant de nuances que de peuples croisés, permettant d’évoquer cette route des épices et ses voyageurs, qui ont ouvert les horizons et redonné à la Terre, cette saveur des fruits exotiques.

Ce CD si merveilleusement réalisé, nous permet de découvrir cette relation des basques avec la mer qui tient de la légende, remontant à la nuit des temps. La musique de ce peuple, aux origines mystérieuses, a tout au long de son histoire fusionné le fruit de ses rencontres. Le répertoire sélectionné fait briller un syncrétisme religieux (païens, chrétiens, juifs, musulmans), qui par son ouverture et une écoute des univers sonores et des âmes d’ailleurs possède une palette luxuriante de toute beauté. Enrike Solinís porte avec ferveur ses sources, faisant rayonner ces univers musicaux qui s’entrecroisent et s’entrechoquent.

@ Musée du Louvre

Entre textes récités, danses et chants, musiciens et auditeurs accompagnent Juan Sebastian Elkano, sur toutes les terres du monde, avec ce cœur basque fait de passion et de curiosités.

Ce Cd avant de nous entraîner sur les voies maritimes, nous présente le monde où naît Juan Sabastian Elkano, nous introduisant ainsi dans ce monde perdu, nous permettant d’oublier le sens de la réalité contemporaine et nous transportant dans les ports ouverts sur l’Atlantique, prêt au départ vers l’inconnu. On est au début du XVIe siècle, l’Europe renonce par gourmandise, à sa vision fermée du monde et ouvre de nouvelles voies commerciales, lui permettant d’accéder aux épices, à la soie, aux trésors de tous ces « nouveaux mondes » qu’elle prétendait ignorer pour mieux respecter ce mythe de l’Eglise catholique, de la Terre plate.

Dès l’ouverture, la mer et ses embruns se font ressentir. Le chant traditionnel basque qui ouvre ce CD, Ale, Arraunean, est donc une véritable invitation à embarquer et chaque pièce musicale choisit, nous présente l’univers dans lequel va naître le navigateur avec un réalisme poétique qui nous saisit.

Chaque récitant, nous conte avec un réel talent l’amour et les querelles, les doutes et la peur, la faim et l’émerveillement. Entre rires et larmes, la tragédie et la comédie, s’emparent des vies de ces explorateurs, que rien ne peut arrêter si ce n’est la mort. Porté par un chant traditionnel Malyo-Polynésien de toute beauté, le voyageur se laisse séduire pour mieux repartir vers ces lointains infinis et mystérieux. Ce CD est une réussite éblouissante, où la fantasmagorie de la musique et des paysages évoqués, vous enchantera.

Récitants : Josean Bengoetxea, Tahar Hacini, Dayana Contreras

Voix : Bernadeta Astari, Darlene Gijuminag, Kristina Aranzabe, Maika Etxekopar, Xabier Amuriza, Leire Berasaluce, Lalldor Mar Steffanson, Mari José Pérez.

Jon Etxabe, ténor ; Daniele Carnovich, baryton ; David Sagastume, contreténor.

DONOSTIAKO ORFEOI GAZTEA ETA TXIKIA, Esteban Urzelay, chef de chœur

Musiciens d’Euskal BarrokEnsemble. Direction artistique, Enrike Solinís

2 CD ALIA VOX Durée du CD1 71’12 et du CD2 : 74’44. Livret : Français/Anglais/Castillan/Catalan/Basque/Allemand/Italien. Enregistrement et édition entre juin et décembre 2018

Enregistrement, Montage et Masterisation : Jordi Gil

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