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Le blog de Susanna Huygens

Jeux de lumière, "mystères" de Versailles

31 Mars 2019 , Rédigé par Parùmentier Monique Publié dans #Versailles

@ Château de Versailles - Photo Monique Parmentier

Versailles est un lieu hors du temps. Se promener dans le château la nuit offre un sentiment étrange. Plus vous pourrez vous y isoler - et j'ai eu cette chance de participer à des visites privés, où cela est possible-, plus vous ressentirez ce lieu.

J'ai ainsi pu y adopter mon propre rythme pour savourer l'onirisme du lieu. Ainsi à chaque visite, de nuit ou du lundi, j'ai pu partir loin, bien plus loin que la réalité ne semblait l'indiquer.

@ Château de Versailles - Photo Monique Parmentier

 

 

 

 

 

Cela m'a permis aussi de comprendre pourquoi, certains lieux, vous permettent d'effacer cette réalité mais aussi pourquoi il peut être si difficile dès le lendemain d'être confronté au quotidien.

J'ai passé 5 belles années à Versailles. J'ai grâce aux conservateurs -qui je pense appréciaient ma passion un peu hors nome pour la poésie du lieu et en étant bénévole à la Société des amis de Versailles à une époque où cela était possible pour la fille du jardinier-, pu ainsi accéder à l'ensemble de ces lieux magiques et des collections, là où aujourd'hui, je doute que cela soit encore possible. Plus personne, en dehors du personnel habilité, peut désormais accéder aux toits par exemple et certains conservateurs véritables passionnés qui aimaient partager la beauté de ces trésors dont ils avaient la responsabilité, sont partis à la retraite.

@ Château de Versailles - Monique Parmentier

 

Comment les remercierais-je assez pour tous ces merveilleux moments.

Classant désormais mes photos, que je n'ai souvent partagé qu'avec quelques amis, je vous les livre ici, au compte goutte, en espérant que vous les apprécierez.

Parfois, comme dans mon article sur les vases Landry, je vous mettrais des précisions sur les objets ou les lieux.

Parfois mettrais-je, juste quelques photos, quelques impressions et je laisserais vos esprits vagabonder, se nourrir de vos rêves, en espérant que cela vous permettra d'enchanter votre quotidien, comme cela fut le cas pour moi, et cela encore aujourd'hui, cinq ans après avoir quitté Versailles.

@ Château de Versailles - Photo Monique Parmentier

Un grand merci à Anémone Wallet, qui fut la directrice des Amis de Versailles qui m'accepta comme bénévole et qui m'a beaucoup manqué, tant son énergie et son ouverture d'esprit, étaient une vraie motivation.

Un grand merci aux conservateurs qui m'ont donné l'accès à ce qui aurait du m'être inaccessible : Alexandre Maral, François-Xavier Hans, Jérémie Benoit, Bertrand Rondot.

Un grand merci à certains gardiens, possesseurs des clés qui m'ont ouvert jusqu'à des placards à balai, recelant des petits trésors d'architecture et dont la gentillesse fut toujours un plaisir.

Un grand merci à Claude Rozier-Chabert que je n'oublierais jamais et qui disparu trop vite et trop tôt. Grâce à lui mon regard sur les jardins s'est enrichi d'un ésotérisme poétique. Un grand merci à son épouse Chantal, qui a du quitter les Amis de Versailles trop vite et qui comme Anémone a tant manqué à mes dernières années de bénévolat.

@ Château de Versailles - Photo Monique Parmentier

Un grand merci à Marie-Noëlle et certains autres bénévoles que je n'ai pas oublié. Tous resteront chers à mon cœur car j'ai partagé avec celles et ceux dont je me souviens et qui se souviennent de moi, de merveilleux moments.

@ Château de Versailles - Photo Monique Parmentier

Je tiens aussi à remercier Laurent Brunner, directeur de l'Opéra Royal (et au passage Opus 64) pour m'avoir permis de couvrir les si beaux concerts programmés avec un goût sans faille par ce directeur qui aime la musique avec une passion et une rigueur loin d'exclure l'émotion baroque. L'Opéra Royal est bien plus qu'une institution, ou un lieu magnifique, c'est une salle qui à une âme, qui fait rêver et qui mérite de recevoir et d'offrir des concerts aussi extraordinaires que fantasmagoriques que ceux que j'ai eu la chance d'y entendre.

Promis il y aura bien d'autres photos. Je reviendrais, entre deux articles sur d'autres sujets. J'ai de quoi vous apporter un peu de féérie pour un moment encore.

Par Monique Parmentier

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Perspectives versaillaises

30 Mars 2019 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Versailles

@ Château de Versailles - Photo Monique Parmentier

Versailles fait forcément rêver... Pouvoir visiter le château et le prendre en photo, loin des bains de foule, un vrai bonheur. Voici un de ces moments magiques, dont j'ai pu bénéficier. Ce lieu hors du temps, permet de réaliser des photos quasi irréelles.

Photo prise dans les Petits appartements, depuis la salle du bain du Roi, il y a maintenant 5 ou 6 ans.

Par Monique Parmentier

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Trésor caché de versailles : les vases Landry

29 Mars 2019 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Versailles

@ Château de Versailles - Photo Monique Parmentier

Deux vases en albâtre, véritable merveilles des collections du Château de Versailles ne sont pas visibles du grand public, probablement parce que très fragiles mais sont pour les photographes amateurs ou non, un véritable bonheur. Les voici donc photographiées dans l'escalier d'accès à la Conservation, du temps où cette dernière était en encore dans le Pavillon Dufour. Désormais, les vases ont suivi le déménagement et sont exposés aux visiteurs se rendant dans les bureaux du Grand Commun.

@ Château de Versailles - Photo Monique Parmentier

Il s'agit d'une paire en albâtre proposé par le marchand Landry, qui se trouvait Passage des Panoramas à Paris. La transaction fût proposée le 19 juin 1825. On est alors sous le règne de Charles X. Sont représentés sur l'un Apollon et sur l'autre Diane. Ils furent livrés au Garde-Meuble le 11 novembre 1826, sous le règne de Charles X, où ils restèrent au magasin jusqu'en 1851, puis envoyés au Grand Trianon pour être placé dans le Salon Rond de l'Aile droite. Ils rejoignirent la Conservation au début des années 1960.

 

 

 

@ Château de Versailles - Photo Monique Parmentier

A chacune de mes visites à la Conservation, j'ai adoré les photographier, tant la lumière et la transparence de la matière donnent à ces objets un côté irréel, onirique et poétique. Surtout lorsque vous pénétrez dans les lieux lorsque la nuit tombe.

C'est tout d'abord le vase de Diane (la Nuit) que j'ai photographié.  On peut y voir son char, tiré par des chevaux et le sacrifice d'Iphigénie. Les anses figurant des figures féminines ailées. Ces mêmes figures féminines se retrouvent sur le vase d'Apollon. Sur ce dernier, les deux avant dernières photos, vous pouvez voir, le sacrifice à Diane sculpté.

Sur la photo d'ensemble, vous pouvez voir à l'arrière plan deux sculptures. La première, modèle d'un antique qui se trouve à Rome, appelé le "Tireur d'épine", fut réalisé par Claude Ramey (1754-1838) alors qu'il se trouvait à Rome en 1784. Envoyé à Paris en 1786, il ne rejoint le Garde-Meuble qu'en 1807 et les collections des Tuileries. Ce n'est qu'à la fin de la Restauration qu'il rejoint Versailles, au Grand Trianon dans la Salle du Conseil, avant de rejoindre les jardins de ce même Trianon. En face de ce marbre, ce trouve l'Amour endormi de Jean-François Lorta (1752-1837), commande de Charles X. Ce marbre sculpté date de 1819 et fut placé aux côtés du "Tireur d'épine" dans les jardins du Grand Trianon, avant de rejoindre les réserves puis l'accueil de la Conservation.

@ Château de Versailles - Photo Monique Parmentier
@ Château de Versailles - Photo Monique Parmentier
@ Château de Versailles - Photo Monique Parmentier

Par Monique Parmentier

PS : pour celles et ceux qui souhaiteraient voir le "Tireur d'épines" en bronze se trouvant à Rome, ayant servi de modèle au petit marbre versaillais de Claude Ramey, je rajoute ici une photo ici à à gauche et à droite, le "Tireur d'épines" versaillais.

Musée du Capitole @ Monique Parmentier
Château de Versailles - Photo Monique Parmentier

 

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Ce jour où le Printemps tremble encore de froid...

24 Mars 2019 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Poésie et Littérature

@ Nature & Découvertes sur Face Book

« Et quelle amertume d’abord, mais quel apaisement ensuite ! – de découvrir, – un jour où le printemps tremble encore de froid, de malaise et d’espoir, – que rien n’a changé, ni l’odeur de la terre, ni le frisson du ruisseau, ni la forme, en boutons de roses, des bourgeons du marronnier… Se pencher, étonnée sur la petite coupe filigranée des anémones sauvages, vers le tapis innombrable des violettes, – sont-elles mauves, sont-elles bleues ? – caresser du regard la forme inoubliée des montagnes, boire d’un soupir qui hésite le vin piquant d’un nouveau soleil, revivre ! revivre avec un peu de honte, puis avec plus de confiance, retrouver la force, retrouver la présence même de l’absent dans tout ce qu’il y a d’intact, d’inévitable, d’imprévu et de serein dans la marche des heures, dans le décor des saisons… »

Colette - La Retraite sentimentale (1907)

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Instant magique

19 Mars 2019 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Dossiers Musique

© Maxppp / Keystone Pictures USA

Je découvre bouleversé que la Fondation Yehudi Menuhin a repris un de mes articles en 2017, se donnant la peine de le traduire en anglais.

Cette fondation qui maintient la mémoire d'un artiste qui m'a tant fait rêvé enfant ne pouvait pas me faire bien plus et mieux qu'un honneur, me permettre de dire ainsi merci à ce grand monsieur :

http://www.menuhin-foundation.com/…/Yehudi-Newsletter-March…
Alongside Jordi Savall, there will be Waed Bouhassoun, accompanying himself on the oud, and Moslem Rahal, a virtuoso Syrian flautist (on a ney) as well as other singers and musicians whose instruments are all of Mediterranean and/or eastern origin. Morocco, Italy, Israel, Lebanon and Turkey are thus brought together to share with us the most beautiful values. We are strangely bewitched while listening to them. This music brings us back to the banks of the Euphrates river in those spellbinding, lost or still vibrant cities − Damascus, Bagdad, Alep... Mari or Babylon − where our origins lay. (Monique Parmentier)

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Ibn Battuta : Mémoire, miroir des rêves

17 Mars 2019 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Chroniques CD

@ Alia Vox

La nouvelle fresque musicale que nous propose en ce début d’année Jordi Savall chez Alia Vox, célèbre les retrouvailles avec un romanesque et fabuleux programme donné en deux parties, non seulement au festival musique & histoire de Fontfroide, où j’avais pu l’entendre, mais également au cours d’une tournée mondiale, commencée à Abu Dhabi en 2014.

Je vous ai donc déjà évoqué le monde onirique du Voyageur de l’Islam, Ibn Battuta, dont l’univers nous est ici conté. Ce dernier a laissé à la postérité le récit de ses voyages entrepris à la même époque que Marco Polo. Né en 1304, il répond d’abord à l’appel de sa foi profonde et entreprend son hajj en 1325. Mais très vite, il va céder à l’étrange étrangeté de l’appel de l’horizon et parcourir le monde connu, prenant note de toutes ses observations. Moins fantaisiste que le Livre des merveilles du Vénitien, le monde que parcourt d’Ibn Battuta n’en appelle pas moins à la rêverie, à l’émerveillement de l’extrême diversité des cultures et des paysages. Grâce au programme musical que le maestro catalan choisit pour illustrer cette nouvelle fresque musicale, on a tout au long de l’écoute de ce double CD, le sentiment d’apercevoir au-delà des mots, un songe humaniste.

Le coffret sortit en janvier 2019, bénéficie d’une superbe captation en « live », de deux concerts, l’un à Abu Dhabi en 2014 pour le premier CD et pour le second, à la Philharmonie de Paris en 2016.

@ Monique Parmentier

Musiciens et récitants engendrent un sentiment envoûtant qui nous accompagne tout au long de l’écoute. L’arabe, langue du récitant pour le public d’Abu Dhabi, le Dr Habib Ghloum Al Attar, devient la voix d’Ibn Battuta provenant des confins du temps et de la mémoire du voyageur, à moins que ce ne soit celle du poète, Ibn Juzayy al-Kalbi, qui a compilé les récits du pèlerin devenu nomade. Tandis que Manuel Forcano déroule le temps de l’histoire dans le CD 1, dans le CD2, Bakary Sangaré, comédien français d’origine malienne, sociétaire de la Comédie française, déploie un univers fantasmagorique, où la réalité des mondes traversés s’imprègne de la poésie des mots et de la musique.

Ibn Battuta - Enluminure perse
@ DR - Ibn Battuta - Enluminure perse

Entouré de musicien(ne)s et chanteurs venant des terres visitées par Ibn Battuta, ce voyage atteint une profondeur infinie. Que ce soit la Plainte grecque chantée par Katerina Papadopoulou, ou le poème chanté Talaa’al-badr ‘alcina par Ahmed Al Saabri, ou le chant d’amour Qays ib al-Moullawwah par Waed Bouhassoun, ou le chant torturé du croyant en quête d’absolu de Marc Mauillon, les complaintes tournoyantes des Ney de Moslem Rahal ou la plainte mélancolique du duduk de Haig Sarikouyoumdjian ou les Taqsim interprétés par Driss El Maloumi et Rajery, dans le CD1, tous nous transportent loin très loin. On se laisse séduire par l’émotion, celles du chemin de la clarté et de la vie. A aucun moment nous ne souhaitons interrompre ce voyage qui nous conduit vers des lointains fascinants et le CD2 nous permet de le poursuivre, amplifiant ce sentiment féérique d’un monde hors du monde, un foyer où règne l’harmonie.

Les cordes pincées des deux musiciennes chinoises dans le CD2, Lingling Yu au Pipa et Xin Liu au Zheng, élèvent l’esprit vers la lumière des étoiles, vers une nuit profonde et transfigurée, tandis que les percussions de Pedro Estevan et tablas de Prabhu Edouard semblent rythmer le pas des dromadaires, guidant sans cesse vers un ailleurs enivrant. Les oud de Driss El Maloumi, Yurdal Tokcan et de Waed Bouhassoun, le kanoun de Hakan Güngör, le Sarod du maître Daud Sadozai, les flûtes de Pierre Hamon font tournoyer jusqu’à l’exaltation, l’âme du voyageur.

La richesse des textes, fruit du travail de Manuel Forcano et Sergi Grau Torras, la beauté des illustrations, dont les superbes photos, prisent de nuit à l’abbaye de Fontfroide, d’Hervé Pouyfourcat, avec pour toile de fond ce décor exceptionnel et hors du temps que représente ce lieu, participent à la magie de ce coffret.

@ Monique Parmentier - Fontfroide

Ce Cd est comme un jardin d’Orient ou d’ailleurs, qui comme l’écrit Michel Foucauld est « une petite parcelle du monde qui englobe le monde dans sa totalité ». Y entrer, c’est vivre libre et libéré de toute contrainte, du poids de l’ordinaire et s’ouvrir à la beauté de la diversité. Jordi Savall y réussit une fois de plus à nous faire percevoir l’essence même de l’harmonie. Alors n’hésitez pas à le découvrir et à vous abandonner au merveilleux des mondes perdus qui ne demandent qu’à faire renaître la poésie et la luxuriance de la pluralité de la vie.

Interprètes CD 1 : Meral Azizoğlu, voie (Turquie) ; Waed Bouhassoun, voix & oud (Syrie) ; Driss El Maloumi (Maroc), voix & oud ; Ahmed Al Saabri voix (Abuzheng Dhabi) ; Marc Mauillon, voix (France) ; Katerina Papadopoulou, voix (Grèce).

Interprètes CD2 : Lluis Vilamajó, ténor (Barcelone) ; Furio Zanasi, baryton (Italie) Lingling Yu, pipa (Chine) ; Xin Liu, zheng (Chine) ; Waed Bouhassoun, voix & oud (Syrie) ; Driss El Maloumi, voix & oud (Maroc).

Musiciens d’Hespérion XXI d’Occident et d’Orient. Direction, Jordi Savall

2 CD ALIA VOX Durée du CD1 78’46 et du CD2 : 68’12. Livret : Français/Anglais/Castillan/Catalan/Allemand/Italien/arabe. Enregistrement réalisé à l’Auditorium de l’Emirates Palace à Abu Dhabi le 20 novembre 2014 pour le CD1, ainsi qu’à la Philarmonie de Paris/Cité de la musique le 4 novembre 2014 pour le CD2

Enregistrement, Montage et Masterisation SACD : Manuel Mohino (Arsaltis)

 

Par Monique Parmentier

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