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Le blog de Susanna Huygens

versailles

Jeux de lumière, "mystères" de Versailles

31 Mars 2019 , Rédigé par Parùmentier Monique Publié dans #Versailles

@ Château de Versailles - Photo Monique Parmentier

Versailles est un lieu hors du temps. Se promener dans le château la nuit offre un sentiment étrange. Plus vous pourrez vous y isoler - et j'ai eu cette chance de participer à des visites privés, où cela est possible-, plus vous ressentirez ce lieu.

J'ai ainsi pu y adopter mon propre rythme pour savourer l'onirisme du lieu. Ainsi à chaque visite, de nuit ou du lundi, j'ai pu partir loin, bien plus loin que la réalité ne semblait l'indiquer.

@ Château de Versailles - Photo Monique Parmentier

 

 

 

 

 

Cela m'a permis aussi de comprendre pourquoi, certains lieux, vous permettent d'effacer cette réalité mais aussi pourquoi il peut être si difficile dès le lendemain d'être confronté au quotidien.

J'ai passé 5 belles années à Versailles. J'ai grâce aux conservateurs -qui je pense appréciaient ma passion un peu hors nome pour la poésie du lieu et en étant bénévole à la Société des amis de Versailles à une époque où cela était possible pour la fille du jardinier-, pu ainsi accéder à l'ensemble de ces lieux magiques et des collections, là où aujourd'hui, je doute que cela soit encore possible. Plus personne, en dehors du personnel habilité, peut désormais accéder aux toits par exemple et certains conservateurs véritables passionnés qui aimaient partager la beauté de ces trésors dont ils avaient la responsabilité, sont partis à la retraite.

@ Château de Versailles - Monique Parmentier

 

Comment les remercierais-je assez pour tous ces merveilleux moments.

Classant désormais mes photos, que je n'ai souvent partagé qu'avec quelques amis, je vous les livre ici, au compte goutte, en espérant que vous les apprécierez.

Parfois, comme dans mon article sur les vases Landry, je vous mettrais des précisions sur les objets ou les lieux.

Parfois mettrais-je, juste quelques photos, quelques impressions et je laisserais vos esprits vagabonder, se nourrir de vos rêves, en espérant que cela vous permettra d'enchanter votre quotidien, comme cela fut le cas pour moi, et cela encore aujourd'hui, cinq ans après avoir quitté Versailles.

@ Château de Versailles - Photo Monique Parmentier

Un grand merci à Anémone Wallet, qui fut la directrice des Amis de Versailles qui m'accepta comme bénévole et qui m'a beaucoup manqué, tant son énergie et son ouverture d'esprit, étaient une vraie motivation.

Un grand merci aux conservateurs qui m'ont donné l'accès à ce qui aurait du m'être inaccessible : Alexandre Maral, François-Xavier Hans, Jérémie Benoit, Bertrand Rondot.

Un grand merci à certains gardiens, possesseurs des clés qui m'ont ouvert jusqu'à des placards à balai, recelant des petits trésors d'architecture et dont la gentillesse fut toujours un plaisir.

Un grand merci à Claude Rozier-Chabert que je n'oublierais jamais et qui disparu trop vite et trop tôt. Grâce à lui mon regard sur les jardins s'est enrichi d'un ésotérisme poétique. Un grand merci à son épouse Chantal, qui a du quitter les Amis de Versailles trop vite et qui comme Anémone a tant manqué à mes dernières années de bénévolat.

@ Château de Versailles - Photo Monique Parmentier

Un grand merci à Marie-Noëlle et certains autres bénévoles que je n'ai pas oublié. Tous resteront chers à mon cœur car j'ai partagé avec celles et ceux dont je me souviens et qui se souviennent de moi, de merveilleux moments.

@ Château de Versailles - Photo Monique Parmentier

Je tiens aussi à remercier Laurent Brunner, directeur de l'Opéra Royal (et au passage Opus 64) pour m'avoir permis de couvrir les si beaux concerts programmés avec un goût sans faille par ce directeur qui aime la musique avec une passion et une rigueur loin d'exclure l'émotion baroque. L'Opéra Royal est bien plus qu'une institution, ou un lieu magnifique, c'est une salle qui à une âme, qui fait rêver et qui mérite de recevoir et d'offrir des concerts aussi extraordinaires que fantasmagoriques que ceux que j'ai eu la chance d'y entendre.

Promis il y aura bien d'autres photos. Je reviendrais, entre deux articles sur d'autres sujets. J'ai de quoi vous apporter un peu de féérie pour un moment encore.

Par Monique Parmentier

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Perspectives versaillaises

30 Mars 2019 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Versailles

@ Château de Versailles - Photo Monique Parmentier

Versailles fait forcément rêver... Pouvoir visiter le château et le prendre en photo, loin des bains de foule, un vrai bonheur. Voici un de ces moments magiques, dont j'ai pu bénéficier. Ce lieu hors du temps, permet de réaliser des photos quasi irréelles.

Photo prise dans les Petits appartements, depuis la salle du bain du Roi, il y a maintenant 5 ou 6 ans.

Par Monique Parmentier

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Trésor caché de versailles : les vases Landry

29 Mars 2019 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Versailles

@ Château de Versailles - Photo Monique Parmentier

Deux vases en albâtre, véritable merveilles des collections du Château de Versailles ne sont pas visibles du grand public, probablement parce que très fragiles mais sont pour les photographes amateurs ou non, un véritable bonheur. Les voici donc photographiées dans l'escalier d'accès à la Conservation, du temps où cette dernière était en encore dans le Pavillon Dufour. Désormais, les vases ont suivi le déménagement et sont exposés aux visiteurs se rendant dans les bureaux du Grand Commun.

@ Château de Versailles - Photo Monique Parmentier

Il s'agit d'une paire en albâtre proposé par le marchand Landry, qui se trouvait Passage des Panoramas à Paris. La transaction fût proposée le 19 juin 1825. On est alors sous le règne de Charles X. Sont représentés sur l'un Apollon et sur l'autre Diane. Ils furent livrés au Garde-Meuble le 11 novembre 1826, sous le règne de Charles X, où ils restèrent au magasin jusqu'en 1851, puis envoyés au Grand Trianon pour être placé dans le Salon Rond de l'Aile droite. Ils rejoignirent la Conservation au début des années 1960.

 

 

 

@ Château de Versailles - Photo Monique Parmentier

A chacune de mes visites à la Conservation, j'ai adoré les photographier, tant la lumière et la transparence de la matière donnent à ces objets un côté irréel, onirique et poétique. Surtout lorsque vous pénétrez dans les lieux lorsque la nuit tombe.

C'est tout d'abord le vase de Diane (la Nuit) que j'ai photographié.  On peut y voir son char, tiré par des chevaux et le sacrifice d'Iphigénie. Les anses figurant des figures féminines ailées. Ces mêmes figures féminines se retrouvent sur le vase d'Apollon. Sur ce dernier, les deux avant dernières photos, vous pouvez voir, le sacrifice à Diane sculpté.

Sur la photo d'ensemble, vous pouvez voir à l'arrière plan deux sculptures. La première, modèle d'un antique qui se trouve à Rome, appelé le "Tireur d'épine", fut réalisé par Claude Ramey (1754-1838) alors qu'il se trouvait à Rome en 1784. Envoyé à Paris en 1786, il ne rejoint le Garde-Meuble qu'en 1807 et les collections des Tuileries. Ce n'est qu'à la fin de la Restauration qu'il rejoint Versailles, au Grand Trianon dans la Salle du Conseil, avant de rejoindre les jardins de ce même Trianon. En face de ce marbre, ce trouve l'Amour endormi de Jean-François Lorta (1752-1837), commande de Charles X. Ce marbre sculpté date de 1819 et fut placé aux côtés du "Tireur d'épine" dans les jardins du Grand Trianon, avant de rejoindre les réserves puis l'accueil de la Conservation.

@ Château de Versailles - Photo Monique Parmentier
@ Château de Versailles - Photo Monique Parmentier
@ Château de Versailles - Photo Monique Parmentier

Par Monique Parmentier

PS : pour celles et ceux qui souhaiteraient voir le "Tireur d'épines" en bronze se trouvant à Rome, ayant servi de modèle au petit marbre versaillais de Claude Ramey, je rajoute ici une photo ici à à gauche et à droite, le "Tireur d'épines" versaillais.

Musée du Capitole @ Monique Parmentier
Château de Versailles - Photo Monique Parmentier

 

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Un peu de beauté dans un monde de brut

26 Février 2019 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Versailles

@ M Parmentier

Après une journée sans poésie, confrontée à la médisance et la bêtise, comme aujourd’hui, il m’arrive en quête de beauté de me replonger dans mes photos... et de retomber sur ces instants parfaits qui comme ici après presque 5 ans sont toujours aussi vivants et vibrants.

@ M Parmentier

Un après-midi parfait au château de Versailles. Et qu’importe alors la méchanceté, la médiocrité auxquelles j’ai été confrontée. La beauté efface tout. Et la Galerie des Glaces pour moi toute seule ou des Grandes eaux exceptionnelles destinées à un tournage, me rappellent ce que le mot « privilégié » peut vouloir vraiment dire, lorsque j’ai été là à cet instant précis où la féerie est devenue réalité. Et qu’importe la jalousie que cela peut provoquer, d’autant plus qu’aux yeux des jaloux, ils estiment que de tels privilèges n’auraient pas dû revenir à la fille du jardinier. Ces instants de beauté sont ce qui me protège de ce calvaire à vivre quotidiennement, ces instants de beauté et leurs souvenirs m’aident à vivre les difficultés et à conserver la certitude qu’il y en aura d’autres, n’en déplaise aux esprits chagrins.

Se souvenir à la nuit tombée des planchers qui craquent et des murmures fantômatiques, des reflets déformés des songes du passé dans les glaces du plus beau des palais du monde et de ce pas de danse esquissé et à jamais perdu.

 

@ M Parmentier

 

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Vue des toits du Château de Versailles

17 Avril 2018 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Versailles

@ Monique Parmentier

J'ai eu la chance exceptionnelle de pouvoir monter en compagnie d'un conservateur du château de Versailles, il y 5 ans, sur les toits du plus superbe de tous les châteaux. Je vous livre quelques photos que j'ai pu réaliser à cette occasion.

@ Monique Parmentier

Je ne suis que trop consciente de la chance que représente une telle visite, qui même pour des VIP serait aujourd'hui impossible pour des raisons de sécurité.

La beauté de l'horizon, le sentiment de flotter dans les airs, découvrir des détails des sculptures de la Chapelle Royale avant l'évocation de sa restauration qui à l'époque était plus qu'espérée... Tout cela est unique. Sujette aux vertiges, le conservateur du château m'avait réservé une magnifique surprise. Il m'avait invité à un concert privé. Car historien, il est aussi musicien et interprète avec un réel talent des pièces du répertoire baroque à l'orgue. Ce jour là, avec toutefois beaucoup de concentration, j'ai oublié mes vertiges.

Nous avons donc fait un circuit autour de la Chapelle Royale et entre cette dernière et l'Opéra royal.

 

@ Monique Parmentier

La Chapelle Royale qui est une chapelle palatiale a été construite à la fin du règne du Roi soleil, elle fut terminée en 1710.

Elle est dédiée à Saint Louis.

Le plan extérieur de l’édifice, sa situation dégagée, la hauteur du bâtiment, ses arcs-boutants, ses gargouilles, sa toiture et son lanternon sont autant d'éléments qui font référence à l’architecture palatine.

 

 

@ Monique Parmentier

 

"Le roi n’y descendait que pour les grandes fêtes religieuses où il communiait, pour les cérémonies de l’ordre du Saint-Esprit, pour les baptêmes et pour les mariages des Enfants de France qui y furent célébrés de 1710 à 1789.

@ Monique Parmentier

Au-dessus de l’autel, autour de l’orgue de Cliquot orné d’un beau Roi David en relief et dont les claviers ont été tenus par les plus grands maîtres comme François Couperin, la musique de la Chapelle, renommée dans toute l’Europe, chantait quotidiennement des motets tout au long de l’office." (Château de Versailles spectacles).

Louis XIV en avait rêvé mais c'est Louis XV qui fit construire l'Opéra Royal. Alors que le domaine avait déjà connu de très nombreuses fêtes dont les légendaires fêtes de l'Ile enchantée, aucun lieu définitif n'avait été trouvé pour décor des spectacles et grands dîners d'apparats.

L'Opéra royal fut inauguré en 1770 à l'occasion du mariage du futur Louis XVI et de de l'archiduchesse d'Autriche, Marie - Antoinette.

 

Monique Parmentier

 

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La magie des grandes eaux au Grand Trianon à Versailles

18 Août 2014 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Versailles

Grandes eaux trianon 038A Versailles, il y a les Grandes Eaux du parc, ou plûtot du Petit Parc, autour du château, accompagnées par de la musique qui résonne dans tous les hauts parleurs placés à des endroits stratégiques et il y a celles du Grand Trianon qui ne sont données que deux à trois fois par an, sans autre musique que celle de l'eau, du vent, des murmures des feuillages et du chant des oiseaux. Ce sont les Grandes eaux, telles que les a connues Louis XIV. Pure féérie que je vous invite à découvrir en quelques photos.
Avec d'abord le jet central du Fer à cheval qui donne sur le Grand Canal.
Cette année ces Grandes Eaux ont été données pour le 15 août et nous les retrouverons pour les journées du Patrimoine.
La fragilité du réseau hydraulique et des bassins ne permet pas de les donner plus souvent. Par ailleurs, les fontainiers pris par celles du parc, ne disposent à cette occasion que de une heure trente pour nous les offrir, qu'ils en soient remercier. Car ces Grandes Eaux de Trianon, vous permettront de redécouvrir la vraie magie de ce métier unique.

 

Tendez l'oreille, ouvrez grand les yeux et laisser à l'enfant qui sommeille en vous suivre les chemins qui vous mèneront aux Sources. 

 

JGrandes-eaux-trianon-017.JPG'avoue qu'en arrivant vers midi, je pensais avoir tout vu à Versailles et qu'il me serait donc difficile d'être encore émerveillé, tant la foule qui se bouscule dans les allées du parc et les Grands Appartements fini par rendre le lieu assez insupportable. La chance du Grand Trianon, c'est qu'il n'a quasi pas connu Marie-Antoinette, que son ameublement empire n'attire pas autant les touristes et que son état général, en fait en quelque sorte le château de la Belle au Bois Dormant. Et c'est tant mieux, car l'on peut encore s'y promener sans être bousculé, entendre les oiseaux chanter, y apercevoir une faune sauvage (comme les hérons qui fuient désormais les abords du Grand Canal, les faucons... Ici pour un peu, certains jours de brouillards on pourrait presque croiser des fantômes).
Grandes-eaux-trianon-037.JPGAlors chaque visite, nous y offre le vrai plaisir d'une solitude toute relative mais oh combien paisible, dans cet endroit où la beauté et l'harmonie règnent encore. 
Le Grand Trianon, c'est vous savez celui qui a remplacé en 1687, le petit Trianon de Porcelaine. Ce dernier trop fragile, ne résistait pas aux intempéries. Sans compter que celle pour qui il fût conçu, Mme de Montespan, avait été répudiée, laissant sa place à la Belle Indienne, Mme de Maintenon. 

On doit le Trianon que nous connaissons aujourd'hui, à Jules - Harduin Mansart, l'architecte du roi, dont Le Nôtre considérait qu'il faisait fort bien son métier de... Maçon. Alors s'il nous prend parfois à regretter de ne pouvoir voir ce petit palais, dont "l'exotisme" tout relatif devait être particulièrement ensorcellant, ce palais de marbre n'en possède pas moins de charmes.
Grandes eaux trianon 066Quant à ses jardins, s'ils ont beaucoup souffert du temps qui passe et des tempêtes, ils restent un enchantement.
Grandes-eaux-trianon-080.JPGVoici deux photos du bassin du Plat fond. Ce dernier est situé dans le fond du Jardin en face du palais. Il est orné de deux dragons sur les côtés et de deux sculptures en bronze, deux amours s'amusant sur deux ilôts jonchés de coquillages de François Girardon.
Si nous devons le palais du Grand Trianon à Mansart, c'est bien  Le Nôtre qui dessina les jardins. Mais avant lui une famille de jardiniers fidèles au domaine du Roi y travailla. Parmi eux, Michel II Le Bouteux  (1623-entre 1696/1716). Issu lui aussi d'une famille de jardinier, il avait en charge les fleurs et les orangeries.
Et c'est l'une des particularités de ces jardins du Grand Trianon. Contrairement à ceux du parc, les fleurs y tenaient une place essentielle. Elles embaumaient l'air porté par les vents. Les jardiniers d'aujourd'hui vieillent avec un grand soin à nous en rendre tous les sortilèges.
Samedi, comme au temps du Roi Soleil, les fontainiers ont comme leurs illustres prédecesseurs, équipés d'une clé lyre fait jaillir les mystères des eaux. La magie opère instantanément. L'eau, la terre et l'air s'en sont donnés à coeur joie, ce 15 août pour nous emporter dans des instants de pures fantasmagories. Soleil et nuages, jouant à cache-cache, nous onGrandes-eaux-trianon-056.JPGt invité à vibrer, sur un univers où la nature accepte de se laisser apprivoiser pour mieux transcender les éléments.
Le superbe Buffet d'eau, bassin de marbre que l'on doit à Mansart, chante sur plusieurs registres, tandis que du jet "du plat font" (voir plus haut) émane un grondement tellurique.
Grandes eaux trianon 103Les nymphes vous grisent de leur chant et de leurs danses et aux Sources, l'ancien bosquet aujourd'hui disparu, semble murmurer des souvenirs et des ris, d'un temps ancien. Des enfants jouent au milieu de dieux et déesses qui viennent vous inviter à oublier le temps présent, à redécouvrir un univers sans autre bruit que celui des coeurs qui battent à l'unisson de l'univers.

Par Monique Parmentier, article et photos.

 

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Photos de la Méridienne

4 Mai 2014 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Versailles

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La Société des Amis de Versailles a déjà participé à la restauration de pièces du château. Depuis le début de l'année 2014, c'est la Méridienne, ou Boudoir de la Reine, pièce qui se trouve à l'arrière de la chambre de la Reine qui fait l'objet d'une restauration portant sur les boisseries, les planchers, la mise en sécurité de la pièce. Une deuxième tranche de travaux devrait par la suite concerner les tissus. Cette pièce est un petit bijou, offert par le Roi à la Reine, elle est le reflet des arts décoratifs extrêmement fins et délicats qui donnent à cette période de l'histoire de l'art, toute sa grâce. Les métiers d'art à l'époque y réalisent de nombreuses prouesses, d'autant plus que la pièce du être réalisé en un temps record.

En attendant, un article plus précis, voici quelques photos que j'ai réalisé lors d'une visite de chantiers :

 

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Depuis quelques temps, comme je vous l'avais écrit précédement, je ne couvre plus que quelques concerts pour Classique news et ODB Opéra. Avec le temps, je me rends compte combien cela me convient. Et jusqu'à la rentrée, il en restera ainsi. Je trouve sur ces deux sites mon équilibre t et je retrouve du temps pour lire et surtout organiser un déménagement prochain.

meridienne4.jpgméridienne5-copie-1

 

C'est encompagnie de Murray Perahia, que je vous offre ces photos, témoignage d'un travail merveilleux. Je retrouve ainsi ce temps de la simple écoute, loin de la surproduction d'articles. Depuis que le manipulateur toulousain a disparu de ma vie, j'ai compris combien, mon amour de la musique, se contentait du rare. Tancrède de Campra, mardi prochain devrait ainsi m'apporter de belles émotions.

 

meridienne6.jpgmeridienne7.jpg

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Trianon de porcelaine

15 Août 2013 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Versailles

@ Château de Versailles

C'était un petit château à l'orée de la forêt... Un petit château destiné à abriter les amours d'un roi pour une dame aussi belle qu'ensorcelante mais pas sans danger.

C'était un petit château de porcelaine dont le luxe intérieur égalait les senteurs de ses jardins de Flore. D'ailleurs à l'époque, on l'appelait le château de Flore.    

C'était un petit château de bleu et de blanc, couleurs des rois de France dont la fragilité causa sa perte.

Plaque faïence @ Château de Versailles RMN

Aujourd'hui, il ne nous en reste que quelques gravures, quelques "porcelaines" (en fait des faïences) souvent brisées que parfois encore lors de promenades dans les jardins du Grand Trianon, si l'on sait observer on trouve quelques éclats.

Voici donc ce petit château qui appartient désormais à un Versailles disparu, dont le charme et la douceur, n'avaient d'égale que le bonheur d'y séjourner. Ce petit château qu'aujourd'hui l'on nomme le "Trianon de Porcelaine" appartenait à un Versailles dont les secrets, nous mènent sur les chemins du baroque, en un temps où le classicisme n'avait pas encore tout écrasé de son poids d'absolutisme.

Vers 1668 @ Château de Versailles RMN

Je vous raconterais donc ici son histoire.... Je vous invite pour cela à me suivre au-delà de l'horizon... Dans un monde qu'il vous faut imaginer aux couleurs aussi vives qu'un Printemps naissant.

Sur ce tableau de Pierre Patel qui date de 1668 regardez bien la perspective... Suivez la ligne d'horizon... Et si vous observez bien, aucun des deux bras du Grand Canal n'est encore creusé. Sur votre droite, à l'emplacement du Grand Trianon que vous connaissez aujourd'hui, vous pouvez apercevoir, le clocher d'une église, quelques maisons... Et la forêt... et oui droit devant vous, l'horizon est libre de partout, l'emprise des hommes sur les paysages est encore respectueuse.

Mme de Montespan @ Château de Versailles

C'est en cette année 1668, que Mme de Montespan, la très belle et envoûtante Athénaïs devint la maîtresse de Louis XIV.

Deux ans plus tard, ils chercheront un refuge, un lieu où se retirer loin des fracas des travaux permanents du château, de la chaleur de l'été, et vivre leur passion dans un endroit raffiné offrant plus d'intimité. "Ce petit Palais d’une construction extraordinaire, et commode pour passer quelques heures du jour pendant le chaud de l’Esté"

Le vieux village de Versailles résistera un peu plus longtemps (d'ailleurs si vous regardez bien à gauche sur le tableau de Patel, on aperçoit encore - sur ce qui deviendra l'emplacement du Grand Commun- l'église Saint Julien) que le petit village de Trianon... Et c'est ainsi que notre petit château de "porcelaine" va surgir comme par enchantement de la forêt.

Il fut construit à partir de 1670 sur les plans de Louis le Vau (1612-1670) qui mourut cette année là et c'est son gendre François d'Orbay qui l'acheva. Tandis que s'édifiait ce petit château, Michel Le Bouteux, jardinier fleuriste, neveu de le Nôtre, traçait et plantait le jardin.

@Versailles, château de Versailles

Il nous reste un témoignage (si ce n'est le seul, l'un des très rares) de l'émerveillement que produisait ce lieu sur ceux qui le connurent. Nous le devons à Félibien, historiographe du Roi (1619 - 1695) :

"Car n'ayant esté commencé qu'à la fin de l'hyver, il se trouva fait au Printemps comme s'il fust sorty de terre avec les fleurs des jardins qui l'accompagnent & qui, en mesme temps parurent disposez tels qu'ils sont aujourd'hui, & remplis de toutes sortes de fleurs, d'orangers et d'arbrisseaux verts. ... L'on pourroit dire de Trianon, que les Graces & les Amours qui forment ce qu'il y a de parfait dans les plus beaux & les plus magnifiques ouvrages de l'Art, et mesmes qui donnent l'accomplissement à ceux de la Nature, ont esté les seuls architectes de ce lieu & qu'ils en ont voulu faire leur demeure".

Ainsi Trianon dès sa naissance est avant tout un palais dédié à Flore, à la sensualité des parfums et à l'amour.

Dans ce palais de Flore, on trouvait un pavillon qui nous montre combien ce lieu était avant tout dédié au jardin : le Cabinet des Parfums. Il s'agissait probablement d'une serre, contenant des fleurs (des tubéreuses, des lys et du jasmin) que l'on protégeait en hiver, mais destinée à la visite.

@ Château de Versailles

Voici un plan de l'intérieur du Trianon de "porcelaine" : Robert Danis, La Première Maison royale de Trianon : 1670-1687, Paris, Albert Morancé, 1926

Il n'existe actuellement qu'un seul meuble aujourd'hui connu de ce Trianon : une petite table en ivoire et lapis-lazuli attribuée à l'ébéniste Pierre Gole. Elle se trouve actuellement, à Los Angeles (et oui) au Musée Paul J. Ghetty, elle ne peut que vous donner une idée de la délicatesse de ce lieu unique.

@ Musée Paul J. Ghetty

Une estampe de Nicolas de Poilly qui est à la BNF au Cabinet des Estampes, réalisée à l'époque où le Trianon de Porcelaine existait, c'est- à-dire durant la seconde partie du XVIIe siècle, nous donne une idée de l'apparence extérieure des bâtiments, lorsqu'on arrivait depuis le château dans ce joli petit pavillon, composé de plusieurs bâtiments.

Le "Trianon de porcelaine", ne doit pas cette dénomination moderne à une quelconque confusion quant à matière de ces plaques décoratives de faïences et non de porcelaines. Au XVIIe siècle, les occidentaux ne savaient pas encore produire cette dernière, qui arrivait de Chine. Ils mirent donc au point des techniques pouvant l'imiter.

Essai restitution chambre de Diane Trianon de Porcelaine Danis Robert @ CVS

Ce Trianon que nous disons de porcelaine, doit en partie son nom aux couleurs dominantes de bleu et blanc qui le recouvraient en partie. Peu d'articles lui ont été consacré. Celui qui nous donne le plus de précisions sur ce que nous savons aujourd'hui le concernant, a été écrit  par Madame Annick Hetzmann (Documentaliste au Services des plans et archives du château de Versailles) dans le Versalia n°8 (revue publiée par la Société des Amis de Versailles). En fait, ce petit château n'a que peu été représenté, peu renseigné. Ce sont essentiellement grâce aux Comptes des Bâtiments du Roi  qui sont aux Archives Nationales que nous connaissons l'origine des faïences utilisées. Essentiellement de Hollande et de Lisieux, avec des éléments provenant de Saint-Cloud (mais en fait peut-être importés de Hollande par la fabrique) et de Rouen.

porcelainesexpo.jpgTout le château n'en était probablement pas recouvert et la "porcelaine" doit également et surtout son nom à des techniques de peintures, réalisées dans des tons bleus et blancs, à l'imitation de la porcelaine chinoise. Tout laisse à penser que la toiture par exemple était peinte, tout comme à l'intérieur les décors sur stuc, ainsi que celui des portes et à l'extérieur, les grilles des volières, les vases en cuivre sur les combles ou ceux disposés sur les gradins des cascades.

En revanche, l'on sait que les faïences disposées dans des cadres de bois participaient aux décors aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur. Félibien, l'historiographe de Louis XIV, tout comme les comptes du Roi, nous apprennent que dans le salon, pavements et lambris en bénéficiaient. Il s'agissait pour les trois pièces centrales des carreaux bleus et blancs de Hollande, tandis que les deux cabinets étaient carrelés en violet. D'après l'inventaire du mobilier, Madame Annick Hetzmann, nous apprend que le mobilier du salon et des deux chambres étaient quant à lui fait de "bleu gris lin". Ce que nous confirme la petite table au Ghetty actuellement. Les jardins n'étaient donc pas en reste et outre des vases en faïences bleue et blanche, il fut ajouté en 1682 et 1683, deux cascades  (voir estampe de Nicolas de Poilly), constituées de gradins, situées en vis-à-vis, à l'extrémité chacune d'une même allée. Plusieurs carreaux furent utilisés pour leur décor, mais dont on ignore avec précision la couleur et la provenance.

Sources :

- Article de Madame Annick Heitzmann - Trianon : la place de la faïence dans le château de porcelaine. Versalia N° 8 de 2005 

- Félibien, Description sommaire du château de Versailles, 1674

- Jérémie Benoit (conservateur en chef des Trianons) : Un palais privé à l'ombre de Versailes

- Collectif, château de Faïence, XIVe - XVIIIe siècles, Marly-le-Roi, éd. Musée Promenade de Marly-le-Roy, 120 p., cat. exp. Musée-Promenade de Marly-le-Roi/Louveciennes, 9 oct - 10 déc 1993
- Forum Connaissances de Versailles

 

Illustrations : bases de données RMN/Château de Versailles - Photographie personnelle des faiences retrouvées exposées au Grand Trianon pour les "Les fleurs du roi"  du 2 juillet au 29 septembre 2013. Je découvre ce jour (20 janvier 2018 que ce blog http://thisisversaillesmadame.blogspot.fr/2016/12/trianon-de-porcelaine.html c’est permis de copier tout mon dossier et ma photo des porcelaines, cela est d’une rare grossièreté et malhonnêteté),

 

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Versailles disparu

8 Mars 2012 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Versailles

Coucher-soleil_vert.jpgPlus qu'un soi-disant Versailles secret, qui n'existe que pour faire venir le touriste en masse, c'est un Versailles disparu que j'ai envie d'évoquer ici. Il sera donc sans dorure, sans passage secret (il n'y en eu jamais)... Il est de porcelaine et de flore, de fêtes et parfois au soir de musiques mélancoliques. Il est celui du rêve, d'un rêve baroque.

 

Du labyrinthe à la grotte de Thétis, du Trianon de porcelaine au Bosquet du Marais, je vous mènerai jusqu'au Bosquet des Sources... sur les chemins d'un parc né pour la musique et la fête et non pour un château de gloire. Tous ceux qui sont venus ici chercher cette vaine apparence, se sont brisés les ailes... Ont sombré dans une douce folie qui parfois les a menés à la destruction. Car à Versailles, vous oubliez la réalité... à moins que celle - ci ne soit si trompeuse, multipliant les reflets dans ses miroirs et ses eaux si noires, que ce lieu ne soit tout simplement qu'un lieu de perdition si seul l'or vous y attire.

 

C'est peut-être aussi cela que dénonçait certains initiés en quête de la pierre philosophale. L'or n'est jamais que du métal... et l'éternelle jeunesse un mythe. Ce qu'il faut ici chercher, c'est une part de rêve et non l'illusion de la richesse.

 

En ce jardin des Hespérides, les muses et les nymphes ont longtemps enchanté ces lieux... à vous de les ré-enchanter. Et qui sait peut-être, saurez-vous suivre leur danse au rythme d'une chaconne envoutante.Bassin_nympes_trianon.jpg

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Le Labyrinthe de Versailles

7 Septembre 2011 , Rédigé par Susanna Huyghens Publié dans #Versailles

@ Chateau de Versailles

 Il était une fois, au temps du Roi de Soleil, un parc dont aujourd'hui on nous dit qu'il fut un modèle du jardin à la française, classique... Mais on ne vous dit pas tout. Car il était une fois, ... le baroque n'y avait pas dit son dernier mot... 

Je vous invite à pousser les grilles d'un des bosquets de ce jardin extraordinaire... Le labyrinthe des jardins du Château de Versailles... ou du moins, de celui qui désormais n'est plus qu'un conte.

Esope et l'Amour y seront vos guides. Ils vous conduiront vers la sagesse des fous...

@ Monique Parmentier

Ce bosquet n'existe plus. Il va donc falloir faire appel à votre imagination qui seule pourra lui rendre vie et forme et peut-être vous rendre votre âme d'enfant. Peut - être, au fond, avant que de vous faire découvrir ce qu'il a été, j'aimerais vous inviter à déceler la poésie de ses allées qui semblent aujourd'hui presque abandonnées.

@ Monique Parmentier

Peut-être, percevrez vous alors combien, son charme possède en soit, le souvenir en lumière, de ce qu'il fût jadis... Un "petit bois vert", transformé par le Roi Soleil en un havre de plaisir et de fraîcheur, où les animaux vous murmuraient d'étranges morales, devant vous mener vers la sagesse. Longtemps en me promenant sous ces ombrages, il m'a semblé percevoir, les rires de ses promeneurs du temps passé et le cristallin de l'eau qui a fait miroiter ce lieu... Enfant, il me semblait possible de voir surgir des animaux, qui m'auraient emmener tel le lapin blanc, vers le pays des merveilles. Les quelques photos que je rajoute aujourd'hui, plus de 5 ans après avoir écrit cet article, me semblent essentielles pour évoquer la féérie de ce lieu unique, car ce labyrinthe a possédé quelque chose qu'aucun autre labyrinthe dans le monde n'a jamais possédé : l'innocence des contes.

Non, en fait ces allées ne sont pas abandonnées, et si les touristes ne s'y aventurent que rarement, c'est simplement, parce que ce bosquet, n'a plus aucune fontaine, aucun parterre de fleurs... Seuls les arbres y chantent y faisant vibrer les cordes de la lumière... Etes-vous prêt à entreprendre ce voyage, qui vous mènera aux confins du rêve ?

Bacchus.jpgPour remonter le temps, venez aux pieds de Bacchus, laissez-vous enivrer en chantant ces mots : "Il était une fois (fwé"), au rythme d'une chaconne ensorcelante....  tournez - vous vers l'Est et vous les verrez, du moins vos yeux d'enfants les verront. Des grilles, sont déjà ouvertes... deux personnages vous y attendent. Qui sont-ils ? Nous allons le découvrir.

Étienne Dupérac (ca. 1570) Villa d'Este @ DR Coll. Particulière

En 1669, Le Nôtre dessina le labyrinthe de verdure dans lequel, vers 1675, furent placées les quarante statues représentant les fables d'Esope. Le symbole du labyrinthe remonte à la plus haute antiquité mais c'est au XVe siècle qu'il apparaît dans les jardins, connaissant un véritable engouement au XVIe siècle, devenant un incontournable ornement des jardins en Europe. La première représentation connue, est une gravure de 1464 où il apparaît en coeur de la ville idéale de l'architecte et urbaniste Filarète.

@ Château de Versailles - Jean Cotelle - Le labyrinthe

Parmi les labyrinthes les plus connus, on peut citer en Italie, "la salle du Labyrinthe" au Palazzo Ducale, ou les quatre parterres de la Villa d'Este (vers 1550 à Tivoli) dont l'itinéraire ésotérique, est placé sous le signe d'Hercule, hésitant entre le bien et le mal. Françoise Ier les met à la mode, aidé en cela par Léornard de Vinci et les artistes italiens qui vont participer à l'ornementation des châteaux des bords de Loire. Le labyrinthe n'est pas un jardin d'enfant. Il est avant tout une représentation du doute, de la quête de sa place dans un environnement incertain. Il est aussi un cadre de beauté, où les cinq sens sont sollicités et où la complexité des relations amoureuses s'expriment pleinement.

Si 23 fables d'Esope sont illustrées par les fontaines du Labyrinthe de Versailles, c'est parce qu'à l'origine Louis XIV, le roi Soleil, a souhaité qu'il participe à l'éducation de son fils aîné. Celui que l'on considère comme en étant le véritable concepteur est Charles Perrault, oui vous savez l'auteur des Contes pour petites filles dont on aimeraient qu'elles attendent le Prince Charmant... Enfin là encore sur ces contes et le Prince Charmant, il y aurait bien des choses à dire car le XIXe siècle est passé par là…. Il est d'ailleurs le premier, bien avant Félibien à nous en avoir laissé un descriptif en 1675, puis une version illustrée en 1677 :

@ Château de Versailles

"Entre tous les bocages du petit Parc de Versailles, celui qu'on nomme le labyrinthe, est surtout recommandable par la nouveauté du dessein, et par le nombre et la diversité de ses fontaines. Il est nommé labyrinthe parce qu'il s'y trouve une infinité de petites allées tellement mêlées les unes aux autres, qu'il est presque impossible de ne pas s'y égarer ", et à l'auteur de poursuivre : " On a choisi pour sujets de ces fontaines une partie des fables d'Ésope, et elles sont si naïvement exprimées, qu'on ne peut rien voir de plus ingénieusement exécuté. Les animaux de bronze colorié selon le naturel, sont si bien dessinés, qu'ils semblent être dans l'action même qu'ils représentent, d'autant plus que l'eau qu'ils jettent imite en quelques sorte la parole que la fable leur a donnée ". Le Labyrinthe de Versailles, planches de Sébastien Leclerc, prose de Charles Perrault et vers d'Isaac de Benserade, Paris, 1677.

Loup et la tête@ Versailles Musée national

C'est son frère Claude, qui transmet à l'auteur des contes, un intérêt pour ceux qu'ils considèrent comme le "miroir de l'homme", doté d'une âme, les animaux. Partageant cette conception, il écrit des contes et des fables. Les quatre dernières fontaines en sont l'illustration. Elles énoncent un code ... de conduite amoureuse, qui vient se superposer au sens premier de la fable. Le Loup et la tête, dont le plomb, ci-contre est une copie du XXe siècle d'après Etienne Le Hongre, en est un bel exemple. Au milieu d'un bassin rond, un loup tenant une tête de marbre sous sa patte gauche, formait un gros jet d'eau. La fable de Perrault qu'elle représente nous dit :

Un loup non sans merveille entra chez un sculpteur,
"Il n'y va pas souvent pareille bête ;
Voyant une statue, il dit : la belle tête !
Mais pour de la cervelle au dedans, serviteur."

Le Loup et la tête - Jacques - Bailly @ Musée de la ville de Paris

Il faut comprend ce que Perrault lui-même nous en dit : "Pour tenir un amant arrêté, il faut joindre l'esprit avec la beauté".

Ainsi tout le labyrinthe, ses fables et ses animaux de bronze peint, ainsi que l'eau qui chante et les feuillages qui murmurent, vous disent une chose et son contraire, et s'amusent à vous perdre, tandis que vous croyez être certain du chemin à suivre.

A l'entrée du labyrinthe Amour et Esope vous accueillaient.

@ Château de Versailles

Sur le piédestal de l'Amour étaient gravés ces vers :

Je veux qu'on aime, et qu'on soit sage,
C'est être fou que n'aimer rien;
 

Chaque animal le dit en son langage
Il ne faut que l'écouter bien.

 

 

 

Cela dit n'oubliez pas qu'un labyrinthe est fait pour se perdre... Et que charmant petit amour, oeuvre de Jean-Baptiste Tuby... Vous tend quelque chose de précieux... Car il n'est effectivement pas certain que la Sagesse soit votre meilleur guide... De quoi s'agit-il ? Un fil à dévider... Celui d'Ariane... Bon je sais j'aurai du vous le dire tout de suite…

@ Château de Versailles

Le bronze de l'Amour, figure parmi ceux qui sont parvenus jusqu'à nous. Il est aujourd'hui exposé dans le château de Versailles. Celui d'Esope, réalisé par Pierre Le Gros, dormait jusqu'à il y a peu quelque part aux Grandes Ecuries, où l'Amour et lui avaient un temps trouvé refuge, après un séjour au début du XIXe siècle dans le bosquet de l'Arc de Triomphe. Ce dont témoigne des photos de Pierre Atget. Peut-être pas assez "mignon" aux yeux du monde moderne et de son obsession du beau. Mais depuis quelques temps, les conservateurs le ressortent régulièrement à l'occasion d'expositions. Le pauvre qui avait perdu son compagnon et devait se sentir bien seul, retrouvent ainsi la compagnie de son voisin, redonnant du sens au parcours à suivre. Car ceux qui suivrait Amour sans sa présence pourrait bien se perdre malgré leur fil d'Ariane.

  Esope.jpgEsope 1900

  Avec mes animaux pleins de ruse et d'adresse,
Qui de vos mœurs font le vivant portrait

Je voudrais bien enseigner la sagesse,
Mais mon voisin ne veut pas qu'on en ait.

Pourquoi un labyrinthe à Versailles ? Il se dit donc  dans les livres d'histoire.... à moins que ce ne soit un livre de conte... qu'il avait pour but d'enseigner la sagesse au Dauphin, le voici sur un dessin de 1662 avec ses parents... Il était né un an plus tôt, le 1er novembre 1662.

Louis-XIV_Dauphin_dessin_1662.jpgCopyright : Rennes ; musée des beaux-arts

 

Bosquet du Marais @ Château de Versailles

Les fontaines sont posées sur des bassins de rocailles entre 1672 et 1675. Réalisées par dix-huit sculpteurs et peintes aux couleurs naturelles par Jacques Bailly. Elles mettaient donc en scène 333 animaux de métal, réunissant ainsi à Versailles le plus vaste ensemble d’art animalier du XVIIème siècle. Avec le bosquet des sources et celui du Marais, il fut aussi l'une des plus belles expressions de l'art baroque dans les jardins français. Il disparut un siècle plus tard en 1778 car trop difficile à entretenir.

Avez-vous devinez son emplacement dans le parc... Car  les indices ici ne manquent pas.

Revenons à nos moutons... Enfin de ceux-là il ne sera pas question ici.   

 

Avez-vous emprunté à l'Amour son fil d'Ariane... Alors accompagné du fabuliste, empruntons les chemins frais, tandis que le soleil se lève à l'Est... et qu'un rayon tendre vient frapper la main qui vous l'a tendu.. oui bon, Esope aussi vous dit quelque chose... écoutez le, on ne sait jamais :

Entrée Labyrinthe - J Cotelle @ Château de Versailles

A la jeunesse ces vers de Benserade

Jeunesse, acceptez le présent

Qu'Esope, vous adresse ;

Goutez des leçons qu'en riant,

Lui dicta la Sagesse.

Il vous faudra point craindre ici de pédant.

Accourez : c'est l'agneau qui sera votre maître ;

Il ne peut que vous égayer.

Mille autres animaux à vos yeux vont paroître ;

Mais gardez-vous de vous en effrayer.

Enfans, ce n'est point pour vous nuire

Qu'un art ingénieux les tire de leurs bois.

S'ils vont parmi leurs jeux faire entendre leurs voix,

Ce n'est que pour mieux vous instruire.

Vous voici donc entré et ce sont  des oiseaux qui vous chantent un air à leur façon :

Tout homme avisé qui s engage
Dans le labyrinthe d'Amour,

Et qui veut en faire le tour,
Doit être doux en son langage,
Galant, propre en son équipage,
Surtout nullement loup-garou.
Autrement toutes les femelles
Jeunes, vieilles, laides et belles,
Blondes, brunes, douces, cruelles,
Se jetteront sur lui comme sur un Hibou

    * Première moralité : ne croyez pas forcément ce que l'on vous a dit dans les livres d'histoire...

Enfin, sur certains sujets, comme les contes et les fables wink... 

Les Fables de Jean de La Fontaine et Charles Perrault, vont donc vous compter de petites histoires, dont chaque promeneur acceptera la morale avec le sourire, certains que ces animaux, se jouent d'eux, avec un malin plaisir. Le tout premier bassin est celui du :

LE DUC ET LES OISEAUX

Enluminures J Bailly - @ Petit Palais Musée des Beaux Arts Paris

Un jour le Duc fut tellement battu par tous les Oiseaux, à cause de son vilain chant et de son laid plumage, que depuis il n'a osé se montrer que la nuit.

La série des Cotelle dont le tableau, ci-dessus, est extrait, nous montre l'illustration de certaines de ces fables réalisée dans ces bosquets. Voici un détail (photo personnelle), de ce superbe tableau. Et si l'on tend l'oreille, vous entendrez le doux gazouillis de l'eau vive qui jaillit en mille jets à moins que ce ne soit celui des oiseaux.

 

Voilà que nous bifurquons et suivons une allée qui nous conduit au second Bassin et à la seconde fable

LES COQS ET LA PERDRIX

Un plomb nous en reste, qui garde encore quelques traces sur la crête de ses couleurs qui furent chamarrées. 

"Une Perdrix s'affligeait d'être battue par des Coqs ; mais elle se consola, ayant vu qu'ils se battaient eux-mêmes".

Si d'une belle on se voit maltraiter

Les premiers jours qu'on entre à son service,

Il ne faut pas se rebouter :

Bien des Amants, qu'Amour les unisse,

Ne laissent pas de s'entrepicoter.

Alors me direz-vous la suite de ces fables... Les illustrer ne va pas toujours être évident, car la majeure partie des plombs des bassins a disparu et que rares sont les tableaux, y compris les Cotelle, qui les illustrent. Mais tout n'est pas désespéré, et les estampes de Sébastien Leclerc pourront parfois nous y aider.

LE COQ ET LE RENARD

"Un Renard prioit un coq de descendre pour se réjouir ensemble de la paix faite entre les Coqs et les Renard. Volontiers, dit le Coq, quand deux Levriers que je voy qui en apportent la nouvelle, seront arrivez : le Renard remit la réjouissance à une autre fois, & S'enfuit"

Il est possible que le plomb restant du coq puisse avoir été celui de ce bassin. Il était placé sur un pilier de rocaille et de verdure. Rejetant un grand jet d'eau sur le Renard qui tentait de se jeter sur lui.

La Fable du Lièvre et la Tortue, fait ainsi partie d'une série d'Estampes qui se trouvent à la Bnf, et dont parfois de belles copies sont réalisées et mises en vente :

Un Lièvre s'étant moqué de la lenteur d'une Tortue, de dépit elle le défia à la course.

Le Lièvre la voit partir et la laisse si bien avancer, que quelques efforts qu'il fit ensuite, elle toucha le but avant lui.
Le Lièvre et la Tortue jettent tous deux de l'eau en l'air, il sort un torrent d'eau d'un rocher de rocaille, qui semble être le terme de la course qu'ils ont entreprise.

 

Ou bien LE LOUP ET LE PORC EPICloup_et_porc_epic_bnf.jpg

 Copyright : BNF / Sébastien Leclerc 

 

grenouille jupiterLES GRENOUILLES ET JUPITER

 

Les Grenouilles demandèrent un jour un Roy à Jupiter, qui leur envoya une poutre. Les Grenouilles se moquèrent de ce Roy immobile et en demandèrent un autre. Jupiter leur envoya une Grue, qui les mangea toutes.

 Copyright : Louvre/Rmn/ Sébastien Leclerc

 

LE LIEVRE ET LA TORTUE355.jpg

Un Lièvre s'étant moqué de la lenteur d'une Tortue, de dépit elle le défia à la course. Le Lièvre la voit partir et la laisse si bien avancer, que quelques efforts qu'il fit ensuite, elle toucha le but avant lui.

 

  Copyright : Louvre/Rmn/ Sébastien Leclerc

Certains plombs sont aux USA... Et oui les américains ont ainsi meublé leurs musées... D'autres dorment peut-être dans des collections privés et il est même probable que leurs propriétaires en ignore la provenance, d'autres ont du être transformé en canon ou autres gadgets pour tuer, eux qui nous parlaient d'amour...  

Les voici donc... 

 

  Renard labyrinthe

 

 

Renard-sur-un-brandon.jpg

 

singe_Labyrinthe.jpg

 

Singe_monte_sur_un_bouc.jpg

 

Il faut aussi savoir que des fouilles ont été réalisées récemment permettant de retrouver les emplacements de certains bassins, le château expose sur son site le résultat de ces fouilles.

 

Et par ailleurs, il nous livre la photo exceptionnelle de quelques vestiges, comme ces coquillages... Une merveille qui révèle l'extrême fragilité des éléments de décoration des bassins :

coquillages.jpg

Un jour je reviendrais par là... Vous conter la suite...  

 

* Sauf indications contraire les illustrations proviennent du Château de Versailles

  © A. Heitzmann/Château de Versailles

 

« On n’a pas prétendu pouvoir parfaitement par ces courtes descriptions, peindre parfaitement la beauté &  les agréments de toutes ces Fontaines. On a voulu feulement en donner quelque idée a ceux qui ne les ont jamais veuès : parce que les différentes beautez de Verfailles ne laijfent pas le temps de les admirer toutes avec rejlexion ; » Isaac de Benserade

 

Bibliographie : Le Labyrinthe de Versailles, du mythe au feu - Bibliothèque municipale de Versailles chez Magellan & Cie

 

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