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Le blog de Susanna Huygens

Ithaque... beauté de l'horizon

13 Mars 2026 , Rédigé par Parmentier Monique

@ Monique Parmentier

Il y a quelques années, j'avais repris cet extrait d'un poème de Cavafy, Ithaque, traduit par Marguerite Yourcenar :

Quand tu partiras pour Ithaque,
souhaite que le chemin soit long,
riche en péripéties et en expériences.

Ne crains ni les Lestrygons, ni les Cyclopes,

ni la colère de Neptune.

Tu ne verras rien de pareil sur ta route si tes pensées restent hautes, si ton corps et ton âme ne se laissent effleurer

que par des émotions sans bassesse.

 

Tu ne rencontreras ni les Lestrygons, ni les Cyclopes,

ni le farouche Neptune,

si tu ne les portes pas en toi-même,

si ton cœur ne les dresse pas devant toi....

 

@ Monique Parmentier

Je l'avais découvert, il y a bien des années, grâce à Michel Serres et une série documentaire réalisée par Arte,
La Légende des sciences, du temps où nous avions encore de vrais philosophes, humanistes et des réalisateurs curieux et exigeants. J'ignore si en fait, avant c'était mieux, mais il paraît évident qu'aujourd'hui en tout cas une telle série ne pourrait plus voir le jour. C'est dans le tout dernier épisode, à la toute fin, que le narrateur, reprend cet extrait... Que de fois, les jours de grands cafards, je retourne voir cet épisode final et tout particulièrement à partir de la 32ième minute. J'ignore précisément pourquoi, dans ces images et dans la narration de Michel Serres, il me semble percevoir une émotion si profonde, que les larmes me submergent à chaque fois. Tout est d'une beauté incroyable. Du moins j'ignorais pourquoi, jusqu'à il y a quelques jours. 

 

@ Monique Parmentier

Désormais, j'ai pris conscience, que ni la raison, ni la science, ni la poésie, ni l'empathie, ne semblent plus pouvoir, s'interposer à toute cette haine qui inonde notre monde.

 

La disparition, l’effacement de la science grecque intervient, alors que cette civilisation se fond dans la romanité, qu’elle n’est plus que l’ombre d’elle même. Qu’en est il aujourd’hui de cette humanité, fruit pourtant de tant de grandes civilisations et qui aurait du apprendre, non à en dissoudre certaines, mais plutôt à partager, ce que chacune d’elle avait à offrir aux générations futures ?

 

Je me sens perdue et si mal. Alors, je continue mon chemin.  De Joan Baez à Enya, dans la lecture de Cozy Fantasy et de poèmes que je quête aux quatre vents, je reviens ici, pour partager, dans l’espoir que quelque part une belle âme de coeur ait envie de s’y reconnaître, dans l’espoir que dans cet infini si sombre et si glacial, une lueur surgisse. A la question, sommes nous seul dans l’univers ? En ce moment, bien trop, il me semble.

 

 

 

@ Monique Parmentier

As you set out for Ithaka

hope your road is a long one,

full of adventure, full of discovery.

Laistrygonians, Cyclops,

angry Poseidon—don’t be afraid of them:

you’ll never find things like that on your way

as long as you keep your thoughts raised high,

as long as a rare excitement

stirs your spirit and your body.

Laistrygonians, Cyclops,

wild Poseidon—you won’t encounter them

unless you bring them along inside your soul,

unless your soul sets them up in front of you.

 

@ Monique Parmentier

I discovered it many years ago, thanks to Michel Serres and a documentary series produced by Arte, *The Legend of Science*, back when we still had true philosophers, humanists, and curious, demanding filmmakers. I don't know if things were actually better back then, but it seems clear that such a series could no longer be made today. It's in the very last episode, at the very end, that the narrator repeats this excerpt... How many times, on days when I'm feeling really down, I go back to watch this final episode, especially from the 32nd minute onward. I don't know exactly why, but in these images and in Michel Serres' narration, I seem to perceive such a profound emotion that tears overwhelm me every time. Everything is incredibly beautiful. At least, I didn't know why, until a few days ago.

 

@ Monique Parmentier

Now, I realize that neither reason, nor science, nor poetry, nor empathy, seem capable of intervening against all the hatred that engulfs our world.

 

The disappearance, the erasure of Greek science, occurred as this civilization merged into Romanitas, becoming but a shadow of its former self. What has become of humanity today, the product of so many great civilizations, which should have learned not to dissolve some of them, but rather to share what each had to offer future generations?

 

I feel lost and so unwell. So, I continue on my path. From Joan Baez to Enya, through reading Cozy Fantasy and poems I seek out far and wide, I return here to share, hoping that somewhere a kind soul will want to recognize itself in this, hoping that in this infinite darkness and chill, a glimmer of light will emerge. To the question, are we alone in the universe? Right now, far too much so, it’s seems to me.

 

Par Monique Parmentier

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