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Le blog de Susanna Huygens

Marcel... le grand oncle qui n’en est jamais revenu

9 Novembre 2018 , Rédigé par Parmentier Monique Publié dans #Divers

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Marcel ... 1895 1918 @ M Parmentier

Il avait 23 ans, ce 27 octobre 1918, lorsque après avoir traversé toute la première guerre mondiale et les âpres et violents combats que connu le territoire belge, il s’est éteint épuisé, incapable de résister à la grippe espagnole. Cette terrible maladie qui emporta des milliers de personnes épuisées par tant de privations et de souffrances et qui emporta un poète à la plume si sensible à l’éphémère, Guillaume Apollinaire quelques jours plus tard, le 9 novembre 1918. Un autre de mes grands oncles est lui mort un peu avant lors de combats, mais c’est Marcel qui a accompagné les récits que nous faisait de cette guerre, mon grand -Père maternel.

Longtemps après sa mort, mon arrière grand-mère maternelle l’attendait encore, l’espérait. Jamais elle ne voulut croire en sa mort. Marcel était un enfant né de père inconnu. Mon arrière grand-mère veuve depuis quelques années, rencontra un homme dont elle ne communiqua jamais à personne le nom, probablement même pas à Marcel. Alors son demi-frère, mon arrière grand-père, devenu chef de famille, décida de reconnaître officiellement Marcel et de lui donner son nom. Marcel aimait dessiner, c’etait quelqu’un de doux et généreux. Galvanisé par l’appel du roi Albert 1er au peuple belge, il décida dès l’entrée des allemands sur le territoire belge de rejoindre volontairement l’armée belge et devint cartographe auprès de l'état major. 

Mon grand-père, nous a si souvent parlé de ce grand-oncle qui fût son parrain. Les liens si forts qui les  unissaient tous à ce jeune homme, au secret de naissance si bien gardé, se sont transmis aux générations suivantes. Mon deuxième prénom est Marcelle, est-ce pour cela qu’il me semble que je n’aurais pu faire autrement que l'évoquer ici, en cette avant veille du centenaire de la fin de cette monstrueuse boucherie. Cher Oncle Marcel, j'aimerai te dédier ces quelques vers du poème de celui qui te suivit si peu de temps après dans la mort. J’ignore qui portera à l’avenir ta mémoire ... mais la main mouvante continuera à dessiner le fil de ces vies qui quelque part dans un ailleurs infini peut être perdurent.

par Monique Parmentier

Guillaume Apollinaire (1880-1918) @ DR

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu’il m’en souvienne
La joie venait toujours après la peine.

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l’onde si lasse

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

L’amour s’en va comme cette eau courante
L’amour s’en va
Comme la vie est lente
Et comme l’Espérance est violente

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913

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